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 Lisane M.Ayame. Once, I got in a cage... [ FINI ]

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Lisane M. Ayame

Lisane M. Ayame

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Date d'inscription : 07/10/2012

Lisane M.Ayame. Once, I got in a cage... [ FINI ] Empty
MessageSujet: Lisane M.Ayame. Once, I got in a cage... [ FINI ]   Lisane M.Ayame. Once, I got in a cage... [ FINI ] EmptyMer 31 Oct - 12:22



Et maintenant, je m'arrête, dans un paradis. Une fin, et un prélude.
Avec l'apanage de cieux noirs comme les roses de nuit
Avec l'apanage de cieux blancs comme les anges bénis
Là où les oiseaux volent, tout est bien.

Des cacophonies se déroulent et me font un tapis
Rouge, du sang de la haine et de la rouille et de l'abandon.
Un tapis de mensonges, de remords et de pardons
Au goût de bile.
Amère, comme l'hiver sur la langue de la Curieuse.
Là où le vent passe sème la désolation
Languide, d'une cité fantôme et pure. Où l'on entend
En cherchant bien, les éminents dialogues
Murmures septentrionaux d'un peuple d’abattus attristés.

Des charognards blafards cherchent à manger
Dans les bras d'une miséricordieuse mère de suie.
Il se reposent l'esprit et le coeur. A point nommé :
Voilà la rage, furie, noire de rancoeur ! Qui les suit.


IDENTITY

Nom : Ayame
Prénom : Lisane Mélysandre ( Second prénom qu'elle est pour le moment la seule à connaître )
Surnom : Lili, Lisa, Lis', Colibri
Sexe : Féminin, aux dernières nouvelles
Age : 19 et plusieurs mois
Road : Rising - Variant Flowing
Origine : Incertaine


PHYSIQUE

Belle, jeune femme et simple adolescente tout à la fois, telle est la définition de l'apparence de cette enfant dans l'âme. A l'inverse de ce qu'on pourrait imaginer au vu de sa personnalité pétillante, les traits de son visage sont doux, peu agressifs, et surtout malléables au gré de ses humeurs. Tordu d'un sourire radieux ou détruit par le désespoir ou la souffrance, il possédera toujours un quelconque intérêt graphique. Des grands yeux, presque sages, d'un bleu-vert d'une rare intensité éclairant le hâle de ses hautes pommettes. Regard très expressif s'il en est, parfois glaçant, parfois d'une joie sans bornes, étincelants, communiquant à qui aura le courage de les fixer une partie de ce bonheur. Oui, il faut mettre sa timidité au placard pour la regarder trop longtemps dans les yeux. Quand elle vous regarde d'une certaine manière, elle donne l'impression de lire au travers de votre âme. Pour le reste... Des lèvres tantôt souriantes, tantôt médisantes pour le plus grand plaisir du lyrisme. Le tout encadré par des cheveux châtains mi longs un peu ternes faute d'entretien.

Le reste de son corps n'a rien de très particulier. Elle est un peu musclée mais demeure relativement mince. Ce sont des muscles formés pour la vitesse, l'agilité et la maîtrise plutôt que pour la puissance pure. Ses formes sont peu marquées. Ses dernières années de croissance lui ont fait prendre un peu de hanches et de poitrine mais rien de bien violent, comme on pouvait s'y attendre. C'est cependant grâce à cette carrure svelte qu'elle conserve, sur ses trecks, une allure toujours redoutable, toujours prête à vous bondir dessus ou à esquiver vos frappes, à réagir au dernier moment pour se révéler aussi insaisissable que le vent qu'elle défie inlassablement. Si l'on y regarde de plus près, pourtant, cette chair d'apparence sans défaut possède quelques cicatrices. Une diagonale lui barre la cheville, une autre suit la ligne de sa mâchoire ; probablement due à un bout de tôle ou de verre qui traînait lors d'une quelconque chute. Sans compter, comme les gamins, les égratignures quasi permanentes sur ses coudes et genoux ( sans compter ailleurs mais ça, ça dépend des jours ) tant elle est casse cou et va faire la conne dans des endroits pas possibles à longueur de journée.

Après, le style vestimentaire... Je préférerais ne pas en parler. Non pas que ça soit compliqué, mais ça fait plutôt peur, en fait. Elle est totalement excentrique, et sa garde robe contient tout et n'importe quoi. Un jour, elle pourra limite débarquer en costume, et le lendemain en jean et chemise déchirés. Elle affectionne cependant particulièrement les fringues un peu destroy du style chemises et jeans usés, guêtres trop grands, et colliers foulards western. Elle est aussi très hautes en couleurs, dans tous les sens du terme... Il ne faudra donc pas s'étonner de la voir débarquer en belles tenues bien flashy. Et pas forcément super assorties. Non, j'exagère un peu. Mais vous comprendrez bien avec ça que je ne peux pas vous faire d'avertissement qui tienne la route à son propos. Au moins, vous pourrez la reconnaître dans la rue, son habitat naturel en dehors des vieux machins désaffectés et des bars underground, même si vous ne l'avez jamais croisée auparavant.



MENTAL

Etrange créature, faite de traits d'esprits tous plus intéressants les uns les autres. Pétillante, impertinante, dérangée... Son maître mot serait tel « instabilité ». Il ne faut jamais vous attendre à quoi que ce soit avec elle, car vous serez presque toujours surpris. Insolente gamine, elle fait preuve d'un certain manque de respect face à à peu près n'importe qui. Que vous soyez plus vieux, plus grand, plus fort qu'elle... Ca ne lui pose aucun problème. Elle considère chacun comme son égal. Ni mieux ni pire, juste différent. Mais pour elle, les Hommes n'ont pas de valeur particulière, ce sont juste des personnes, des êtres vivants. Chacun vaut un autre. Elle ne s'emmerde pas avec ce genre de choses. Elle déteste s'emmerder pour ce qui lui semble inutile, en fait.

Mieux, elle donne toujours l'impression de se jouer de vous. Elle ne vous dénigre pas, non. Mais elle a quelque chose de plus, une étincelle, une aura, une véritable force qui fait que sa présence offre toujours quelque chose de plus à une assemblée, une certaine énergie. Quelque chose qui la rend inaccessible et incroyablement attirante à la fois. Hypersociable, presque. Exubérante, elle vous soufflera la joie de vivre au visage comme tant de chansons heureuses. C'est une façade parmi les autres, bien sur, mais au fond, c'est comme ça qu'elle se sent bien. C'est en ne faisant pas attention à ce qu'elle fait souffler. Elle réveille des choses, et puis les laisse vivre. Elle éveille l'enthousiasme, elle éveille ses troupes. C'est presque une meneuse née. Comme l'oiseau, elle tourne la tête de côté et d'autre, constamment, guettant ses arrières, guettant ses congénères, guettant le moment propice où s'envoler, où chanter.

A coté de ça, elle demeure, comme tout être humain, dotée de hauts et de bas. Et quand elle n'est pas dans ses bons jours, elle révèle une plus grande instabilité. Moins de certitude, moins de joie, moins d'enthousiasme. Et au travers de toute cette confiance, c'est potentiellement tout un être et toute une ambiance qui s'écroule. Pourtant, elle survit. Elle avance. Elle rêve, même.
C'est peut-être dans ces jours là que toute sa puissance de rideuse se dévoile. Quand, plus qu'un loisir qui fait battre son cœur, le ride devient un besoin vital, le vent devient son oxygène et la vitesse se traduit par les battements de son cœur. C'est là qu'elle va aller chercher toujours plus loin, toujours plus haut, plus de puissance, pour surmonter ce qui l'arrête. Pour surmonter ce qui la dérange, ce qui menace de devenir un obstacle infranchissable. C'est là qu'elle est, peut-être, le plus elle même.

Même si au fond, définir une créature telle qu'elle est trop ardu pour penser l'avoir fait de manière réaliste.



HISTOIRE

L'histoire de cette petite créature volage n'est guère simple, même si elle se découpe en plusieurs étapes claires. Je vais donc tâcher de décrire les différents épisodes importants de sa vie. Ca risque d'être long... Mais qu'importe, c'est amusant.
Née à la faveur d'un beau mois de Mai il y a de cela dix neuf ans déjà, la joie de son arrivée au monde fut cependant de courte durée. Sa mère ne voulait apparemment pas d'elle... Et ne manqua pas de le prouver en se tirant de la maternité sans plus de cérémonie, sans même noter son nom sur aucun acte ; quoique des médecins disent avoir entendu la jeune mère évoquer le nom de Mélysandre. C'était tellement perché qu'ils ont fini par abréger, et ils ont noté Lisane Mélysandre sur l'acte de naissance. En plus, vu les défaillances de l'administration, ils avaient même pas récupéré le nom de la mère. On se demande encore où elle est barrée, mais Lisane nourrit même des doutes sur le fait que quiconque ait jamais cherché à la retrouver. De toutes façons, elle ne l'a jamais connue, sa mère, donc elle estime que ce n'est pas important. Ce léger abandon lui valut de passer successivement entre les mains d'une couveuse, de deux ou trois familles d'accueil, d'un service d'adoption, pour finir entre les bras soit disant protecteurs de parents d'adoption. A ce moment là, elle devait avoir trois ans, autant dire qu'elle ne s'en souvient pas. D'autant plus que comme de nombreux autres, ces parents commirent une erreur : L'élever dans l'idée qu'elle était leur fille biologique, eux gentils petits japonais qui n'avaient jamais réussi à avoir de gosse.

Remarque, au début, cette gentille éducation dans la paix d'une famille sans histoires et bienveillante ne lui valut rien de mal. Élevée comme toute bonne petite japonaise, encouragée du mieux possible à la réussite de ses études, elle faisait une élève brillante et sage. Son esprit acéré – trop, peut-être, servait une intelligence redoutable, qu'elle mettait à profit pour ramener toutes sortes de bonnes notes. Elle grandit sans tourments, de loisirs et d'amis de son âge. Des fêtes et des curiosités d'enfant allant à son rythme vers l'adolescence, se fondant dans la masse en gardant sa personnalité faite de fantaisies.

Cependant, toutes les bonnes choses ont une fin. Certaines plus cruelles que d'autres. Son petit rêve enfantin, lui, prit fin trop brusquement.

Lisane avait toujours été une gamine réaliste. Elle n'hésitait pas à se défaire de son monde pour déconner un peu, mais on lui avait trop bien enseigné qu'il fallait tout rapporter à des principes rationnels. Mais le réel a ses failles et, peut-être mieux que d'autres, elle savait les repérer, caresser de l'oeil et de la pensée ces petites ruptures qui renferment de menaçantes failles. La pire était celle qu'elle renfermait en son propre cœur, comme chaque être. Faille qui fut ouverte par la lame de l'incertitude, de l'incompréhension. Un enfant qui voit la plus importante de ses croyances brisée violemment plonge dans un monde de désillusion sans fin... Et c'est ce qui advint pour cette pauvre créature. Elle tomba dans un piège, s'y prit elle même, et y pourrit toujours. Encore aujourd'hui.

En effet, un pauvre soir, alors qu'elle devait avoir onze ou douze ans... Elle surprit une conversation entre ses parents. Conversation apparement anodine, dès lors qu'elle ne l'aurait pas entendue. Mais elle était curieuse, et comme elle passait là par hasard, la voix trop tendue de sa mère lui mit la puce à l'oreille et l'attira près du mur de la cuisine, la pièce adjacente au salon dans lequel ses parents regardaient la télé. Ils ne devaient pas savoir qu'elle était là. Ou penser qu'elle ne les entendrait pas, la télé se brouillant au son de leurs voix. La conversation s'était poursuivie en ces mots. Elle en avait manifestement raté le début.

« … Notre fille
Tu crois franchement qu'elle pourrait le découvrir ?
La vérité rattrape toujours les gens. Un détail, un truc sans importance... Elle finira par le savoir. Et...
Peu importe, regarde comme elle se débrouille bien pour l'instant.. Pourquoi lui infligerait-on ce choc là maintenant ?
Elle pourrait bien le prendre. Et mieux vaut qu'on lui apprenne de nous mêmes plutôt qu'elle ne le découvre par hasard et ne nous prenne pour des traîtres ou je ne sais quoi. Je ne pense pas que ça soit le genre de choses qu'on peut cacher éternellement. Elle doit savoir. »
Lisane commençait un peu à se demander de quoi ils parlaient, en tournant ainsi autour du pot. Toujours était-il que l'inquiétude s'emparait peu à peu de son être. Elle avait un mauvais pressentiment. Elle écouta avec d'autant plus d'intérêt.
« Et comment comptes-tu le lui annoncer ? Tu vas débarquer vers elle, comme ça, avec des bonbons au cas où il faudrait la consoler, et lui dire 'Ah, au fait, Lisane, tu es adoptée ' ? Tu crois franchement que ça serait la bonne technique ?
Je ne pense pas qu'une grande annonce en grande pompe soit plus bénéfique.... »

Tenez, voici, elle en avait trop entendu, à présent. Elle avait tout compris. Elle avait compris pourquoi ses parents ne lui avaient jamais raconté sa naissance ni montré de photos de sa mère la tenant dans ses bras, toute boulotte encore de ses rondeurs de nourrisson. Quand elle entendait ses potes parler de ces photos, elle ne pouvait rien dire à son propos, et certains la regardaient d'un air étrange. Presque soupçonneux. Elle n'avait pas saisit le sens de ces regards... Tout ça semblait loin derrière. Parce que tout cela n'existait pas. Elle était assez intelligente pour savoir ce qui signifiait l'adoption. Assez intelligente aussi pour comprendre, et détester, que ses parents hésitaient à jamais le lui apprendre.

Ils auraient osé faire de tout le reste de sa vie un mensonge, osé la laisser se leurrer dans les affres d'une illusion heureuse. Alors que son passé, ses premières heures, ses origines, se révélaient avoir le goût glacé du néant. Un tissu de mensonges bien serré, seulement brodé de couleurs, de formes et de souvenirs corrompus, à la manière d'un monde qui s'écroule autour d'un unique point. Et elle, elle devrait tout refaire, vivre avec tous ces fardeaux. Entretenir le mensonge pour ne pas se couvrir d'opprobre, supporter ses deux facettes, supporter le poids de l'incertitude. Maintenant qu'elle n'était plus certaine de rien, où pourrait elle aller ? On ne doit guère continuer d'avancer sur un pont seulement tendu entre deux points, ou le chemin que l'on a déjà parcouru vient de se craqueler, où le moindre faux pas pourrait vous faire chuter définitivement. Depuis ce jour, certains points de sa vie n'ont pas changé. Parfois, elle est saisie de la certitude qu'elle ne devrait pas être ici, que son existence aurait du cesser bien plus tôt, peut-être même ne pas commencer du tout.

Mais non, les artifices de la société lui avaient inventé une vie dans laquelle elle était maintenant enfermée.

Le lendemain, elle apprit à ses parents qu'elle les avait entendu. Bien en face. Leur visage s'était décomposé de honte et de culpabilité, parce qu'ils n'étaient pas idiots non plus. Quelque chose s'était brisé en elle, et ce n'était pas le genre de morceau qu'on pouvait recoller.

Ce n'était que le début de la déchéance. Presque par principe, par automatisme, elle rejeta tout ce qu'on avait fait d'elle, créant quelque chose de nouveau. D'élève relativement brillante et modèle, elle devint passable et rebelle, comme un animal maltraité qui retourne les crocs et les griffes contre son propriétaire trop gourmand. Parce que pour elle, il n'y avait pas d'issue, alors elle faisait ce qui l'inspirait sur le coup en attendant la suite. Et c'était tout. A partir de là, tout c'était cassé la gueule. Ses faux parents, trop coupables, ne savaient plus comment la rattraper... C'est à se demander s'ils essayèrent seulement. Au contraire, ils lui lâchèrent la bride. Comme pour se faire pardonner, ils cédèrent à la plupart de ses caprices idiots. Quand elle eut l'âge, ils lui achetèrent un scooter. Un truc de base... Bof. Le petit deux roues basique devint, sous l'impulsion de la gamine enthousiasmée, une véritable monture de guerre. Elle n'en a pas l'air comme ça, mais cette créature arrache, maintenant. Argent métallisée, des motifs complexes, noirs, rouges et or, ornaient la carrosserie. Sans compter qu'elle avait légèrement modifié le moteur, les roues et les freins histoire que ça envoie un peu plus de pâté.

Mais ce n'est qu'un détail, revenons en à nos moutons. La jeune adolescente était désintéressée, donc. Enchaînements d'heures de colles, auxquelles elle n'allait, du reste, que rarement, préférant se payer un bon tour de la capitale nippone à fond la caisse sur son cheval d'acier que traîner ses lattes dans une salle surchauffée à résoudre des équations débilitantes et de vieux textes rétrogrades écrits dans un japonais heurté. La caresse du vent et le souffle impétueux de la liberté, voilà l'alcool dont elle s'enivrait pour oublier la trahison dont elle était victime, pour oublier ses incertitudes. Ou plutôt sa certitude quand au fait qu'elle ne devait pas avoir de futur, et que même son droit à l'extinction lui avait été ôté. On croyait lui avoir offert quelque chose ? Non, on l'avait manifestement maudite.

Ses parents recommencèrent à l'engueuler quand elle finit par se faire virer de son école... Mais elle était déjà irrécupérable, ils avaient mis trop de temps à se réveiller. Dommage pour eux. Ils avaient raté leur dernière chance d'en faire quelque chose de bien. Et dans tout ça, on en était arrivés à l'époque ou l'AT commençait à vraiment devenir à la mode. Autant dire que ça aurait été la dernière des choses dont Lisane aurait eut besoin pour remettre sa vie dans le droit chemin, même si elle n'en avait aucune envie. Donc évidemment, quand elle débarqua en plein milieu d'un accident créé par des riders, qu'elle fit furtivement disparaître à l'horizon, entre les immeubles, à grands coups de patins étincelants, elle ne se fit pas prier pour s'extasier sur la funitude du truc. Ni pour économiser histoire de s'en payer une paire. Si son scooter lui donnait l'impression de voler, alors qu'est ce que ça serait d'être perchée sur un truc qui lui permettrait vraiment de le faire !

Ses parents persistaient à lui donner trop d'argent de poche pour le peu d'usage qu'elle pouvait en faire, donc elle fut rapidement en possession d'une somme qui lui permit de se payer une paire respectable, dans laquelle elle fit ses premiers pas en tant que stormrideuse. Elle devait avoir 13 ans, à ce moment. Un peu jeune, mais peu lui importait. Elle se sentait trop au dessus de tout, perchée sur ses roues, pour se préoccuper de telles considérations. L'âge, la taille, la stature... Ça ne voulait rien dire. Quand elle comprit ce à quoi les trecks pouvaient servir, seule ne comptait plus pour elle que l'efficacité. Les capacités. Pas le pouvoir, non, se serait se surestimer. Mais pour elle, c'était un moyen de réussir véritablement quelque chose, plutôt que de se terrer sous sa colère pour échouer en tout. Elle avait un exutoire, mieux, un moyen libérateur et ouvreur de milliers de possibles tout à la fois. Elle ne cherchait rien de plus que cela. Aller toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus vite. Du moins au début, quand elle n'était qu'une petite rideuse débutante et solitaire, qui ne se préoccupait que de son petit bonheur personnel.

Puis, à force de déambuler le jour et d'explorer la nuit avec le pouvoir de l'observer d'un œil nouveau, le Nightmare prit à ses yeux d'autres apparences. Le théâtre qu'il composait se diversifia. Violence, meurtre, étoiles, étaient pour elle autant de mots qui le résumaient parfaitement. Alors elle apprit à gérer tous ces aspects, à les négocier, à les éviter ou à les utiliser selon ses envies. Jusqu'au jour où, encore toute franchement débarquée dans le Nightmare à proprement parler – ce lieu de guerres et de sang – ce monde et ses bagarres lui inspirèrent une des plus belles décisions de sa vie, qui fut aussi une de ses plus grandes réussites : Créer une team, une équipe de riders qui se battrait pour son ciel, pour sa liberté, pour son rêve. Jeune sauvageonne qu'elle était, elle regroupa quelques personnes comme elle, tous plus fous les uns que les autres, une véritable bande de joyeux lurons qui eurent leur heure de gloire lors de joyeuses équipées délirantes en plein milieu des rues les plus animées de Tokyo. Ils connurent leurs batailles, leurs difficultés, leurs fous rires, leurs soirées. Ils saluèrent même, parfois, la mort, si l'on peut dire. Tantôt squatteurs, tantôt promeneurs, on leur attribue quelques mémorables scènes de beuveries et autres dégâts urbains. C'étaient les Every & Anything. J'ignore si l'on peut dire qu'ils le sont toujours. C'est d'un flou.

Tout cela parce que non contents de former une bande mémorable, les E&A finirent par se faire leur petite place dans le Nightmare, grignotant au fur et à mesure, et finissant par devenir une team relativement reconnue. Ça allait bien jusqu'au jour où le gouvernement, le peuple et le connard de président décidèrent de chier dans les bottes des riders. Parce que là, les teams influentes, gardiennes du Nightmare, de leur honneur et symbole des riders, furent les premières cibles, les plus faciles à trouver, soit disant les plus dangereuses, soit disant celles qu'il fallait éliminer en premier et sans autre forme de procès. E&A en fit les frais. Enfin, en vérité, E&A avait déjà commencé à se casser la gueule depuis quelques temps. Zan avait fini par se faire choper à force de tuer des gens, et il avait atterrit en taule. Un mois plus tard, Jikan avait du partir à Londres. En vérité, il ne retait plus que Lisane. Et en cette période troublée, le Nightmare se rendait compte qu'il n'était pas à l'abri de tout, et que la nuit n'était pas un camouflage assez solide. Lors des grandes arrestations... Lisane était seule, mais elle fit malgré tout les frais du fait qu'elle avait trop longtemps conservé un statut de chef de team. Et donc possiblement de méga criminelle et compagnie.

L’arrestation fut relativement classe, parce que c'était une époque où quand il s'agissait de riders, on y allait limite flingue au poing et sans autre forme de procès. Quand la petite escouade enfonça la porte, l'adolescente savait pertinemment qu'elle était perdue, mais elle ne put s'empêcher d'arborer un air défiant et de faire cracher des étincelles bleues de rage et de foudre à ses trecks, malgré qu'elle fut acculée. Ne jamais abandonner ni sa fierté, ni sa grâce de Rising rideuse un peu trop violente pour que ça soit net, ni celle du Nightmare. Ça ne changea rien à son sort... l'empira même peut-être, Probablement.

Qu'on y croie ou non, se faire pratiquement tabasser lors d'un ou deux interrogatoires ( ils se sont lassés, après, elle avait trop de bleus ) hyper comiques, où on la forçait quasiment à se rendre responsable de la plupart des crimes de Tokyo et des grandes scènes du Nightmare – Alors que la moitié n'étaient pas de son fait, mais toutes les figures importantes devaient probablement subir le même blabla – cela réouvrit les vieilles blessures de son âme, les vieilles culpabilités injustifiées, les vieilles peurs enfantines éveillées par l'incertitude. Un coup dur pour celle qui avait enfin trouvé sa voie et sa joie au travers d'une chose simple : La Vie et tout ce qu'elle implique, la Vie dans toute sa plénitude. Cela lui fut retiré une nouvelle fois quand on la balança en taule. Elle était une rideuse, elle avait causé du trouble à l'ordre public, en bande organisée qui plus est... Ce n'étaient que trop de raisons pour la faire moisir dans une cellule humide et minuscule, le tout dans une prison surpeuplée parce que les trois quarts des riders finirent par y être enfermés, en plus des autres criminels de toutes espèces, dont elle dû qui plus est se méfier à chaque instant. Sans trecks, elle se sentait presque nue. Heureusement que les mecs étaient éloignés la majorité du temps, dans des quartiers différents.

Il paraît que cette période en taule – presque un an, pour elle, c'était pas rien – l'assagit et l'empira en même temps. Elle fut forcée de se calmer, sinon elle aurait probablement pété un câble. Elle rongea son frein tout du long, hantée par des rêves beaux et violents tout à la fois, des rêves où elle déchaînait sa road contre ceux qui la retenaient prisonnière, contre les murs et les lois. Des utopies de gamine bien loin de posséder même le quart de la puissance qu'il lui aurait fallu pour réaliser ses objectifs. Elle s'en foutait. Pour fuir, certains se suicident. D'autres, comme elles, se terrent dans des mondes qui n'existent pas. Elle se terrait dans celui de ces rêves, elle pleurait s'ils l'abandonnaient pendant trop longtemps, elle exultait quand elle retrouvait de nouveau, au réveil, les images et les sentiments, le vague souvenir de la sensation terrible du vide s'ouvrant sous ses pieds, du vent fouettant son visage et de son cœur battant la chamade à l'excitante idée d'une chute irrémédiable. Tout cela lui manquait comme une drogue. Et ce manque la minait un peu plus jour après jour, menaçant de ne laisser d'elle qu'un fantôme.

D'autant plus que ses rêves se muaient de plus en plus souvent en cauchemar, comme si elle abandonnait même, tout au fond d'elle, l'espoir de sortir un jour. Les murs et l'obscurité se refermaient sur elle, dans un monde sans étoiles, sans vent et sans soleil, sans les odeurs lourdes de pollution de la ville ni l'air bienvenu des hauteurs. Un monde immobile, lent et ennuyeux l'étouffait un peu plus jour après jour, malgré les visites d'un ou deux vieux amis bien cachés qui, eux, avaient réussi à ne pas se faire référencer comme dangers publics. Heureusement, elle n'était pas la seule à rêver de retrouver la liberté. Elle doit la sienne au dawa mis, environ un an après son emprisonnement, par le fameux Yatano, parce que non content de se tirer, il le fit en grande pompe, ce qui permit aux plus prompts d'entre ces gens de le suivre dans son évasion. Il faudrait qu'elle pense à le remercier, un de ces quatre. En tous cas, le soulagement qu'elle éprouva à retrouver la liberté était sans bornes. Ses soit disant parents adoptifs étaient parfaitement au courant de sa situation – et n'avaient aucunement essayé de la sortir de taule. Mue d'une certaine haine à leur égard, elle alla à leur rencontre perchée sur une paire de trecks, la rage dans les yeux et dans le coeur... Ça les rendit étrangement gentils. Et prompts à lui filer du fric, suffisamment pour survivre un moment et monter sa vie sans eux. Comme quoi, y'a toujours moyen de retourner sa veste.

Elle avait dix-sept ans, à ce moment là. Mais elle avait beau être libre, ce n'était pas le cas de tous ses semblables du Nightmare, loin s'en fallait. Elle avait le monde autour d'elle, mais elle était encore condamnée à se cacher, à fureter dans le coin, à suivre et soutenir le mouvement de résistance dont le souffle unissait encore les lambeaux du Nightmare. Encore agitée par son séjour en prison, elle ne savait plus trop bien où elle en était. Ni à quoi elle servait. Pourtant... Elle se mit à faire ce qu'elle avait toujours su faire : Encourager et unir les gens au cœur de la fête ! Et pour cela, rien de tel que d'ouvrir un petit bar underground de la Résistance. Un autre bel acte dans sa vie, quatre ou cinq mois après sa sortie de prison, aidée de deux ou trois vieux potes qui venaient là à l'occasion. Ceci, encore, fut une période drôle. A défaut de pouvoir rider, car bien sûr la majorité des paires avaient été détruites et il était hors de question de ne faire ne serait-ce que ronronner un moteur, et bien elle fournissait pizzas, boissons et musiques aux riders fatigués de ce combat qui, parfois, donnait l'impression de n'être jamais destiné à finir. Et puis cette petite activité simple et excitante à la fois l'aidait à panser ses blessures... La vie avait fait d'elle un être binaire, parfois rongée par l'incertitude, parfois explosive d'excentricité. En tous les cas, il ne devait pas être désagréable de la connaître.

Deux ans passèrent ainsi, deux ans d'attente, de suspense, deux ans de vanité. Jusqu'à la fameuse fête nationale, le fameux Nightmare Rebirth qui marqua le tournant de toutes une génération de riders et de japonais. Lisane, sachant que quelque chose se préparait, avait dégoté une paire de trecks quelques temps avant, qu'elle avait prit soin de dissimuler. Pour rien au monde elle ne perdrait le moyen de se battre qu'elle venait de retrouver. Car sa fameuse intuition lui soufflait que, même lorsque l'action se déclencherait, rien ne serait facile pour personne. Comme d'habitude, elle avait raison.
Elle fut parmi ceux qui entrèrent au parlement ce jour là, un sac à dos innocent jeté sur l'épaule, dissimulant ses trecks. Elle n'en aurait peut-être pas besoin. Elle dut malheureusement les chausser quand le moment vint pour les riders de prendre les armes pour montrer qu'ils n'étaient pas les moutons noirs du peuple, bien au contraire. La paire, vieille et usée, ne valait pas grand chose, mais au vu du peuple de militaires qui prenaient parti contre le peuple, n'importe quelle aide était utile. Ce fut une belle pagaille, récompensée par la victoire du Peuple et des riders. Et c'est pourtant un souvenir qu'elle préférerait oublier. Elle ignore toujours pourquoi.

Toujours est-il qu'elle ne se plaint pas, à présent, que le Nightmare ait reprit du service, tout comme sa bonne vieille E&A. Même si elle sait – ils savent tous – que rien ne sera plus jamais pareil.
De plus, Lisane a quelques nouvelles préoccupations. Par exemple, retrouver sa mère biologique et lui faire la peau, ça pourrait être drôle.
Et trouver un paquet de chips à grignoter, aussi.



HRP :

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Lisane M. Ayame

Lisane M. Ayame

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MessageSujet: Re: Lisane M.Ayame. Once, I got in a cage... [ FINI ]   Lisane M.Ayame. Once, I got in a cage... [ FINI ] EmptyJeu 8 Nov - 9:15

    Azy je double post parce que je suis une ouf et que j'ai fini c'te fiche !
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Yatano

Yatano

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MessageSujet: Re: Lisane M.Ayame. Once, I got in a cage... [ FINI ]   Lisane M.Ayame. Once, I got in a cage... [ FINI ] EmptyJeu 8 Nov - 10:41

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