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 En Freud et contre tous... [Miya]

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Yatano

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Date d'inscription : 06/10/2012

MessageSujet: En Freud et contre tous... [Miya]   Lun 29 Oct - 21:15


« Qu'est ce que la vie ? Cette question, aussi incroyablement complexe soit-elle ne nous intéresse pas. On est pas là pour savoir, au nom de quoi Vuitton... Ok mauvaise blague, mais vous aurez comprit que l'objet de cette présentation n'a aucun rapport avec les grands préceptes qu'on vous a inculqué depuis que vous êtes jeune, ou même les cours que vous avez eu jusqu'à présent. Je vous parle pas du grand pourquoi. Je tente de vous expliquer ce qui se passe dans un cerveau, autrement que par le biais de généralité scolaire qui vous serviront à rien dans la vraie vie... Des questions ? »

« Vous pouvez approfondir votre idée sur le viol ? »

« Bien sûr. C'est vrai que je suis passé très vite sur ce point. Et bien, commençons par le début. Qu'est ce que le viol ? Un acte amorale. Un crime. Une injure à la chasteté. Le viol est beaucoup de chose et à la fois si peu. L'acte en lui-même est d'une simplicité déconcertante. Avoir un rapport sexuel avec quelqu'un de non consentant. La base est ici et nous la connaissons tous. Dans notre culture, cela est comme je l'ai déjà dit, un crime. Il existe d'autres cultures où ce n'est pas le cas. Prenons l'exemple du règne animale, où la soumission par la force d'une femelle est obligatoire pour la pérennité de la race. Les lionnes ne font pas de procès lorsque leurs petits sont tués pour qu'un prétendant puisse s'accoupler de force avec elles et commencer sa propre lignée. Pourtant, pour l'humanité, il s'agit d'une chose tellement horrible qu'elle en est devenu un crime. Pourquoi ? »

« Parce qu'on a une conscience contrairement aux animaux ! »

« Comment expliques-tu alors qu'un chien puisse attendre son maître pendant des années à un même point sans jamais bouger, s'il n'a pas conscience du retour de son maître ? Ta remarque est stupide au point qu'elle en est cependant intelligente. La conscience. C'est le maître mot de tout ça... Mais avant de parler de la conscience, je vais vous parler d'un fait social reconnu. Savez-vous combien de femme ont le fantasme de viol ?... Quatre-vingt cinq pour-cents de femmes disent avoir un jour fantasmer sur le fait de se faire violer par leur partenaire. Quatre-vingt dix pour-cents de ces femmes l'ont réalisé. Cent pour-cents ont aimé. Alors pourquoi ? Pourquoi se faire violer est un acte criminel ? »

« C'est pas le partenaire qu'elles ont choisit ? »

« Exacte. L'acte n'est pas le problème. C'est le qui. Pour comprendre, remontons quelques deux milles ans avant aujourd'hui.Tous nous connaissons ce fameux jour de l'immaculé conception. Une femme porte en elle un enfant, mais nulle trace de sang vient prouver l'acte sexuel nécessaire. L'enfant vient de Dieu et est offert en cadeau à l'humanité. Tout se passe bien. Outre l'inceste de ce Dieu qui se veut être notre père et qui enfante sa fille, rien ne choque et tout va bien. Là où tout va mal, c'est lorsqu'une femme porte en elle l'enfant d'un homme qui n'est pas son époux. Traîné, catin, pute. Tout ces qualificatifs la plonge dans une pénitence profonde. Car notre cœur et corps appartiennent à Dieu, pour qu'un autre le possède, il lui faut son aval. Ainsi le mariage est obligatoire pour que l'enfant et la mère soit bien vu. Cette permission divine est la marque du sacré, un sacré qui différencie la pute de la mère. Après on peut me dire « oui mais dans le fantasme de viol on demande pas la permission. » et c'est vrai. Nul besoin de la demander, car elle a déjà été offerte. Avant le fantasme, il y a eu l'acte premier, là où la dame a dit « oui », à l'être qui l'a pénétré, ce « oui » symbolique, on le retrouve dans la cérémonie de mariage. Il donne la marque d'acceptation de l'autre, son détournement de l'appartenance divine pour un autre enfant du seigneur. J'accepte de donner ce qui est à moi et à Dieu ou la vie, à un autre être humain. Ainsi, tout se passe bien dans le meilleur des mondes. Mais dans le cas des viols, il n'y a pas ce « oui » sacré. La cérémonie d'un point de vu symbolique, n'est pas complète, elle est profané par la force qui oblige à un « oui », qui n'est pas accepté comme telle. Ainsi l'on se sent souillé, privé de quelque chose, de notre âme. Ce n'est pas l'acte en lui-même, c'est ce manquement au sacré, et par conséquent la perte de nous-même. On n'est plus enfant de dieu, mais chose à quelqu'un.

« Oui mais l'acte en lui-même est violent ! »

« Oui, comme lorsque vous le pratiquez lors d'un fantasme, mais il ne sera jamais aussi violent que lorsque vous vous direz « Je n'ai pas accepté qu'il me fasse ceci ou cela et pourtant, il l'a fait. » Vous vous sentez souillé pourquoi ? Parce qu'un autre s'est servi de vous, vous a privé de ce sacré qui gisait en vous en entrant en vous, et en vous extirpant cette chose, pour se l'approprier. L'acte n'est pas un problème, c'est toute la symbolique du « Oui » et du « Non ». Dieu a violé Marie mais étant femme de Dieu cela n'était pas un viol car elle l'acceptait. Ce que je veux vous faire comprendre, c'est ce rapport à l'acceptation de l'autre qui fait toute la différence. »


« Mais pourquoi les violeurs viols ? »

« Très bonne question... À cause de la religion. À cause des principes moraux. À cause des lois. Bref, à cause de la Cité. »

« C'est pas la faute des gens normaux s'ils sont comme ça ! »

« Si. Prenons un exemple. Pourquoi être gay a toujours dérangé ? Tout simplement parce que depuis toujours on nous dit que l'homme et la femme sont fait pour être ensemble. La religion, avec Adam et Eve, la nature avec la procréation, les principes moraux etc. D'un point de vu grammaticale, anormal vient de normal auquel on ajoute le privatif « a ». Ce qui est anormal, c'est ce qui ne gît pas dans la normalité. Donc, sans normalité, pas d'anormalité. »

« Où est le rapport? »

« On nous bride. Depuis deux milles ans, on bride nos actions et nos pensés dans des systèmes pré-pensés et ingurgités tellement de fois que ces concepts font parti de nous. Nous sommes tous assaillit par des pulsions. Des envies que la religion et la moral nous force à refouler. Dieu dit qu'il est mal de tuer, donc je dois refouler l'envi qui me prend d'étrangler mon voisin d'à coté parce qu'il joue écoute de la musique alors que j'essaye de suivre le cours ! Ici, tu ne dois pas prendre ce qui appartient à Dieu. Lucifer était un ange désirant la place du Dieu et il s'est fait bannir en enfer pour avoir tenté de la prendre. Ainsi, désirer n'est pas crime, mais agir l'est. Désirer quelque chose qui ne nous appartient pas, que l'on nous autorise pas à posséder est un crime. Mais aussi la tentation la plus cruelle qu'il soit. Car être capable de prendre ce qui est à autrui, c'est être supérieur à celui qui avait la chose et qui n'a su la garder. Dans une guerre, celui qui perd son territoire est inférieur à l'autre. C'est donc un défi envers une puissance supérieur qui se joue. Le désir humain de posséder ce qui appartient à autrui, sans sa permission. Comme un enfant qui veut le jouet de l'autre à tout prix. Pourquoi viole-t-il ? Pour prouver qu'ils sont supérieur. Le seul problème étant les objets de cet acte qui s'en retrouve marqué à jamais, comme un objet prit entre deux bébés qui se battent pour l'avoir. Il y a toujours un choc faisant que, l'objet en reste marqué pour toujours. »

« Ce serait une sorte de rébellion contre Dieu ? »

« Dieu est ici un symbole. On parle plus d'autorité. La pulsion qui les assaillent, ils ne veulent pas les refréner. Alors ils agissent et comble ce désir. Le Sur-Moi n'est pas présent chez ses personnes. Pour la plupart, ça vient d'un trouble Oedipien ou d'un manque d'éducation quant au rapport à autrui et à son incorporation au sein de la société par la mère. Plusieurs suppositions pour comprendre qu'au final, le viol, comme la plupart des crimes, sont rapport à l'autorité suprême. C'est mal, mais qu'importe, j'essaye de prendre ce bonbon même s'il n'est pas à moi. Le problème dans ces cas là, c'est qu'il n'y a pas la gifle de la mère ou la sanction divine pour faire comprendre que cet acte est mauvais. Il y a la justice bien sûr, mais son laxisme faisant, les violeurs récidivent à soixante pour-cents. »

« Comment expliquez-vous que la plupart des jeunes femmes ne réagissent pas aux viols ou très peu ? »

« On ne nous apprend pas à réagir à ça. On nous apprend que nous sommes tous éduqué de la même façon. Les mêmes préceptes divins qui nous régissent tout. On nous apprend pas à réagir face à des personnes qui ne sont pas régit par ça, car ça paraît impossible, vu le caractère sacré de ces principes. Bien sûr, les femmes tentent de se démener, bien souvent en vain, ou sinon c'est qu'elles ont déjà fait face à une situation contraire à ses préceptes. C'est un peu comme un virus. Soit vous êtes vacciné, et vous savez vous défendre, soit vous prenez tout dans la gueule et bonjour la convalescence... Le viol, c'est comme l'action d'un virus dans votre corps. Il vient pour vous détruire, vous, vous attendez que les anticorps, ici Dieu ou les principes moraux, viennent vous sauvez, mais voilà, rien n'est efficace contre ce virus qui fini par vous bouffer de l'intérieur. »

« Et pour les victimes ? Vous leurs diriez quoi ? »

« De détruire les restant du virus qui gisent en eux, de les détruire et d'effacer toute trace de cette intrusion, en gardant à l'esprit l'expérience que cela à pu leurs apporter... Ce qui est fait et fait, et à part continuer à avancer, il n'existe pas d'autres méthodes pour continuer à vivre... Néanmoins, je ne préconise pas la vengeance, qui est une forme de culture du souvenirs, ce qui finirait par détruire la personne même... Bref, j'ai envi d'un coca, on fait une pause et on reprend dans vingt minutes. Si vous avez des questions n'hésitaient pas à venir me voir ! »
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Miyako Watanabe

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MessageSujet: Re: En Freud et contre tous... [Miya]   Mar 30 Oct - 20:22


Sur quoi ma vie du Nightmare s'était-elle terminée? Des échecs. Deux échecs cuisants dont je portais encore les marques aujourd'hui. M'en étais-je remis? Non, bien sur que non, je n'avais fais que défoncer les murs que je me tuais à payer avec un boulot minable. Enterrant peut à peu ce qui avait fait de moi une rideuse, laissant l'ombre prendre possession de ce qui restait de mon corps. Alors quoi, qu'étais-je devenue? L'ombre de moi même. Un monstre que je tentais tant bien que mal d'épuiser.

On m'avait mit a terre et j'y avais creuser pour m'enfoncer. Nous enterrer afin que le combat qu'on menait pour mener la danse ne me tue pas, et je me rendais compte aujourd'hui que ce combat signifiait exactement la même chose que mourir. Un corps pour deux entités, étais-je schizophrène...? Impossible pour moi de le savoir, d'avoir un semblant de réponse. Tout ce que je pouvais en dire était que je m'étais toujours réveillée dans le lit où je m'étais endormie, et que jamais rien ne m'avait interpellé.

Je ne sais pas ce qui m'était passée par la tête de quitter ainsi mon boulot, j'avais posé le plateau plein de verres sur une table où étaient assis une bande de connes blonde qui ne faisaient que de siffler pour que j'arrive. Je l'avais posé et j'étais partie. Il ne faisait pas beau depuis le début de la journée, et c'est tout naturellement que la pluie se mit à tomber à grosses gouttes. Je n'avais pas manqué comme tous les jours, d'apporter mes trecks dans mon sac en toile blanche. Au cas ou. Je ne savais jamais ce que j’espérais lorsque je prenait ce sac le matin, c'était comme si j'avais peur de m'en séparer.

Mon haut blanc laissait de plus en plus apparaître mon soutient gorge grisâtre, sous les trombes d'eaux que je n'essayai même pas d'éviter. Je marchais dans les flaques, trempais mon jean, laissais mes cheveux goutter sur mon visage, mon maquillage devait certainement couler le long de mes joues. Je souris brièvement en m'imaginant sous la pluie, le parfait stéréotype de la jeune femme perdue et déprimée. Je levai les yeux et vis quelque chose qui m'interpella a travers une fenêtre.

Une chevelure bleue vive que je n'avais vu que deux fois dans ma vie. Deux fois la même personne. Je tournai légèrement les yeux, la fac d'Asakusa... Quelles étaient les probabilités que je trouve cette personne en un lieu pareil. Je baissai les yeux vers mon jean, il était entièrement trempé, je ne risquai donc rien a faire ce que je m’apprêtais à faire. Je plia mes genoux alors lentement, et posa mes fesses grossièrement sur le sol. J'enfilai mes trecks. Un frisson parcourait mon corps, comme si on venait de me restituer un sens.

Rider. Ce n'était plus un mot. Plus une manière d'exprimer un nouveau moyen de se mouvoir. Ce n'était plus une mode qui avait éclot il y a quelques années. Non. C'était devenu une religion, une croyance où le dieu était nous même. C'était un moyen d'atteindre la sérénité, un paradis noircit par les litres de sang qu'il aura fallu faire couler pour vivre pleinement le bonheur pour lequel nous nous battions. Je ridais. Mon cœur s'enroba comme d'un voile. Le noir était nécessaire à mon bonheur, étrange contradiction dans laquelle je m'était développée.

J'arrivais rapidement dans l'enceinte de l'établissement. Autant dire que mon tshirt était obsolète, transparent comme il avait été rendu par la pluie. Je savais grossièrement où était la salle où j'avais entrevue les cheveux bleus depuis la rue. Je rassembla alors rapidement mes cheveux dans un chignon négligé et me rendais vers la salle. Je devais en avoir le cœur net. Je croisais un groupe de jeunes, plus j’avançais vers eux, plus leur yeux s'affolaient de mes trecks à mon visage et entre eux, j'en interpella un : « Tu as une cigarette s'il te plais ? » Arrêt sur image. Ils ne devaient pas s'attendre a ça. Mais à quoi pouvaient-ils s'attendre ? À ce que je leur casse gratuitement la gueule ? Il me tendait alors son paquet, dans lequel j'en prie une et choppa le briquet en même temps. Ni un merci, ni un mot, juste un clin d’œil que j'effectuai en poursuivant ma route.

«Et pour les victimes?Vous leurs diriez quoi?»
«De détruire les restant du virus qui gisent en eux, de les détruire et d'effacer toute trace de cette intrusion, en gardant à l'esprit l'expérience que cela à pu leurs apporter... Ce qui est fait et fait, et à part continuer à avancer, il n'existe pas d'autres méthodes pour continuer à vivre... Néanmoins, je ne préconise pas la vengeance, qui est une forme de culture du souvenirs, ce qui finirait par détruire la personne même... Bref, j'ai envi d'un coca, on fait une pause et on reprend dans vingt minutes. Si vous avez des questions n'hésitaient pas à venir me voir!»

Je ris alors froidement, et m'adossa au mur près de la porte par laquelle sortais les étudiants, lesquels bloquèrent presque tous en voyant la présence d'une rideuse dans leur fac. Des « Oh merde » « regardez » « p'tain faites gaffes l'a pas l'air commode ! » « oh y sont classes ses trecks ! ». Pleins de raisons pour moi de leur casser la gueule. Mais je n'en fis rien. Allumant la clope qui m'avait été si gracieusement offerte, j’aspirai la fumée d'une grande bouffée. Je sentais son effet agir sur mes nerfs, appréciant cette petite dose de mort prendre possession de moi depuis l’intérieur.

Je ne sais pas ce que c'était, une intuition, un parfum que je sentais, je n'en savais rien, mais je lui parla, il avait franchi le pas de la porte.

« Que peut-il y avoir de plus risible qu'un homme lâchant des conseils pour les femmes violées?»

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Yatano

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MessageSujet: Re: En Freud et contre tous... [Miya]   Mar 30 Oct - 21:05


J'avais vu juste. Cette présence si particulière qui avait perturbé mon attention était bien là. Mais quelque chose me dérangeait. Qu'importe, la jeune femme se contenta une réflexion plutôt perspicace comme salutation, et n'étant pas impoli, je me devais de lui retourner avec la même ferveur.

« Toi dans une fac peut-être ? »

La jeune femme, Miyako, était bien là, posée de la manière la plus provocante qu'il soit contre un mur. Elle n'avait pas tant changé. Toujours cette aura sexuelle cachant les mêmes ténèbres. La provocation faisant loi, comme à ses habitudes. Les années avaient beau s'écouler, elle restait la même. Un certain plaisir de retrouver un visage de l'ancien époque me réchauffa le cœur, même si au final, quelque chose me dérangeait de plus en plus. Mais bon, continuant ma marche, je tourna la tête, affichant un sourire avant de lui faire signe de venir avec moi.

« Ca fait une paye que je t'ai pas vu. La dernière fois, tu te battais contre Mihu Kimura je crois... J'ai appris pour ce qui t'es arrivée, et je suis plutôt fier. Réussir à enfiler ses trecks après avoir frôler la mort et goûter à la défaite, c'est pas commun ! D'ailleurs j'ai retrouvé ton cher ami Gabishi en taule. Tu seras heureuse d'apprendre qu'il est mort, comme tout les anciens rois de l'époque... Paix à son âme.»

Dévalant les quelques escaliers et parcourant les couloirs, on arrivait enfin devant les machines à soda. Devant moi trois personnes attendaient de pouvoir faire leurs choix en donnant à manger à cette machine diabolique qui sait nous donner tellement envi, sans pour autant avoir la possibilité de tout prendre. La vie est injuste quand on paye tout en carte bleu et qu'on nous demande de la monnaie pour s'humidifier le gosier.

« Fuck... Ca fait plaisir de te voir au fait. Même si j'aurais aimé te voir un peu moins... Mouillé. À croire qu'à chacune de nos rencontres je peux pas m'empêcher de te faire un effet de fou ahah... »

C'est vrai que notre première rencontre n'avait rien eu de banale. Une course poursuite, une mort certaine et comme dans ces vieux films dont on connaît déjà le scénario, la happy end vint à point nommé. Le temps de penser à tout ça que mon tour de nourrir la machine vint. Les pièces s'engouffrèrent et la technologie fit son travail. C'est beau ce qu'on arrive à faire maintenant...

« Par contre ce qui me fait moins plaisir c'est ce que je ressens... Je te savais remplit de colère, mais pas au point d'aller sur la route du sang... Passons... Tu deviens quoi à part ça ? J'ai cru t'apercevoir à une brasserie avec un plateau mais comme j'étais pressé j'ai pas pu m'arrêter et après j'y ai plus pensé, c'était bien toi ? T'es vachement maigre, t'es sûr que tout va bien ? T'as l'air déprimé tiens, ouvre un coca, y paraît que c'est ouvrir du bonheur ! ahah ! »

Je lui parlais comme si je la connaissais depuis toujours. Concept intéressant en sachant qu'elle n'aurait le souvenir que de m'avoir vu deux fois. Pourtant, dans les ténèbres, j'étais présent à nombre de ces combats, inquiets du sorts de cette jeune femme prometteuse, à la volonté de fer, mais à l'esprit si fragile...

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Miyako Watanabe

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MessageSujet: Re: En Freud et contre tous... [Miya]   Mar 30 Oct - 23:16

But its too late to turn back now


Il m’entraînait dans les couloirs de la fac. C'est vrai que c'était plus que risible de me voir bouger de nouveaux des murs scolaires. Qu'est-ce que mes parents penseraient s'ils voyaient ce que j'étais devenue... Pas vraiment de bien en réalité. Voir leur fille promise aux plus grandes écoles être une serveuse risquant sa vie toutes les nuits... Je souris en repensant à ce que je serais devenue sans ces roues qui étaient désormais la continuité de mes jambes, et qui me rendaient très certainement schizophrène.

Je commencais a avoir froid, j'allais tomber malade. Et comme une réponse de mon cerveau à mon corps suite à la toux qui montait, je libérai mes cheveux, lesquels tombèrent agilement dans mon dos et me trempèrent de plus belle. Non, je n'en n'avait rien a foutre d'être prise d'une quinte de toux, et cette fois ce fut ma connerie qui répondait, en tirant à grande bouffée sur la cigarette qui se consumait comme elle consumait ma vie. Le feu s'affola sur la pompe à mort. Brûle. Brûle vie chétive sur le rebord du fil. Bientôt tu tombera, la funambule a perdue l'équilibre...

Mon attention se reportait sur le rider lorsqu'il mentionna le nom de celui qui m'avait fait essuyer de mon corps le parterre de la cathédrale où je l'avais rencontré. Je le regardai dans les yeux, un mélange de haine envers celui qui venait de reprononcer son nom face à moi, de dégoût envers moi-même, et de désolation pour mon corps que j'avais abandonné entre ses crocs. Mort. Mort il était mort. Est-ce que cela changeait quelque chose. «Paix à son âme.»Pardon? Mes yeux chutèrent vers mes trecks. Pouvait-on être fier de moi alors que je ne voulait que me terrer dans un coin et la laisser me dévorer ?

«Je n'ai fais qu'escalader un mur. C'est à cela que servent les trecks, non? Franchir des murs qui nous emprisonnent. »

Je répondais à ce qui avait le moins d'importance dans son dialogue. C'est lorsqu'il mentionna ma maigreur que je réalisai que je ne me souvenais pas du dernier repas que j'avais pris. Non. Je ne respectais plus que mon café matinal. Qu'est-ce qui m'avait poussé à lui au juste. Il me tendit son coca, ma main se gela lorsque je prit la canette dans ma main. Le froid de mon corps ajouté a celui de la pluie et la canette sortant des frigos, je ris face à la déployable image que mon corps renvoyait de mon état qui stagnait depuis des années.

Pourquoi ces années de silence n'avaient pas enterré ce mal? Peut-être parce que je n'avais jamais cessé de rider après tout. Peut-être qu'elle ne m'aurai pas tué, mais se serait simplement tut.

« Tu savais que j'étais emplie de colère ? M'as-tu suivi après ta disparition ? Comment peux tu savoir tout cela de moi ? Je ne sais même pas ce qui m'a poussé vers toi. Il n'y a pas de fierté à ressentir, je me suis faite attraper au vol et arracher les ailes. Désormais elle me bouffe. »


Il ne comprendrait pas ce que ce « Elle » voulait dire, le cauchemar que cela signifiait. Je lui tendais la canette sans en avoir bu une seule gorgée.

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Yatano

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MessageSujet: Re: En Freud et contre tous... [Miya]   Mer 31 Oct - 11:53


Tant de questions, et si peu de réponses. Nous sommes tous en proie à ces doutes qui nous rongent l'esprit, nous empêchent de dormir. Incapable de trouver une réponse suffisante à tout ça, on fini par vivre avec en ce disant qu'un jour, peut-être, tout finira par s'éclaircir. D'où connaissais-je sa colère ? Comment pouvais-je la comprendre ? Tellement de raison, et si peu d'envie de revenir sur ces instants de ma vie. Je suis assaillis par ces ironies comiques qui m'accablent de leurs présences chaque jours. Aujourd'hui, me voilà face à une enfant qui ne sait ce qu'elle est, et finira par se détruire, comme je me suis détruit, jusqu'à ce qu'un jour, elle reçoive le choc qui changera sa vie. Mais il était trop tôt pour cela. Trop tôt pour lui narrer les péripéties qui s’apprêtaient à rythmer sa vie. Car seuls les personnes qui ont perdu un jour, le goût de la vie, peuvent comprendre la haine qui nous a consumé.

« Je suis prof de psy ? C'est mon boulot de voir ça ahah ! »

Évidemment, nul besoin d'avoir fait un master pour comprendre. Son visage n'était que haine et dégoût. La tristesse parsemant sa peau se voyait bouffé par les flammes de cette colère qui la consumait. Elle se contentait d'être ce qu'on a toujours voulu d'elle, sans jamais être ce qu'elle voulait. La vie nous pousse sur des chemins qui sont parfois, bien loin de celui qu'on croyait emprunté. Le tout était d'attendre et de voir comment tournerai tout cela. Mais comme une enfant en proie au doute, nul mot n'aurait pu la saisir, malgré sa recherche d'un être pouvant la comprendre et la faire réagir. Elle se devait de trouver la force en elle-même. C'était la seule condition pour qu'elle réussisse ainsi, à s'élever vers le ciel, sans craindre de se faire à nouveau bouffer... Je repris la canette pleine et l'ouvrit mécaniquement, souriant à ses interrogations. Pourquoi ne me posait-elle pas la question qui hantait réellement son âme ?

« Bahf, je connais du monde tu sais. Il m'a fallu quelques minutes pour savoir ce qui t'étais arrivée durant ces 3 années. Puis l'arrivage de rider en taule m'a permit de glaner quelques info sur toi. Surtout de la part de ton tortionnaire. M'enfin passons... Tu dois être gelé... Viens là. »

Je la pris alors dans mes bras. Enlaçant ce corps frêle qui aurait pu se briser entre mes bras si je ne faisais pas attention. Elle me faisais de la peine, mais je ne pouvais pas l'aider. Enfin, si j'aurais pu adoucir ses maux, mais cela l'aurait rendu trop faible. Sa route était déjà tracé devant elle, la suite n'en serait que plus complexe si je venais à la soulager. Je me contenta de la réchauffer un temps, glissant ma main sur le bout de tissus qui lui servait de tee-shirt. Ce n'est qu'après quelques minutes que je me retira, la tenant par les épaules, et lui souriant.

« Voilà, tu es sèche ! Mais je vais devoir y aller, j'ai un cours qui m'attends... J'aimerai que tu viennes y assister. Je vais parler d'une chose qui pourrait t'intéresser. Ca te tente ? Allez vient ! En plus ça te permettra de te réchauffer un peu ! Allez vient c'est un ordre t'as pas le choix ahah! »

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Miyako Watanabe

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MessageSujet: Re: En Freud et contre tous... [Miya]   Dim 11 Nov - 18:01




C'est une chose qui aurait pu flatter n'importe quel rider de mon rang. Voir qu'un haut rang comme celui qui se trouvait devant moi lui accordait une importance suffisamment grande pour qu'il se donne la peine de se renseigner sur son évolution. Seulement voilà, la flatterie n'était pas une chose qui m'était aujourd'hui familière.

De la pitié. C'est tout ce que je vis dans ses yeux. Rien que j'avais imaginer voir un jour traverser ses pupilles. De la pitié. Rien que cela. Comment pouvait-il oser poser ce regard là sur moi. Il me prit dans ses bras «Tu dois être gelée... viens là». La dernière personne a avoir posé les mains sur moi était le rider qui m'avait jeté sous la pluie.

Je me mis alors à trembler. Je n'avais pourtant pas froid. Ces bras qui m'entouraient m’étouffèrent.


Des dalles. De l'eau. Je suis trempée. Un corps sur moi. Bouge. Bouge. Il n'en n'était rien. Je restais là.


J'ouvrai alors les yeux, essoufflée, et vis ces murs tagués par de multiples couleur. Ces affiches prônant des aides diverses pour aider les étudiants à s'en sortir. De l'argent, un toit, des gens parlant la même langue pour les étrangers. Et moi, qui allait m'aider. Une main s’activait alors sur mon dos, sur mon t shirt trempé. Je relâcha alors la tension qui rigidifiait mon corps jusqu’alors. M'abandonnant. Est-ce qu'un bras allait être assez long pour venir me chercher en enfer. Est-ce que quelqu'un ferait le chemin. Je n'en savais rien. Je plaqua alors mon front contre le torse du rider. Aucun contact n'avait jusqu'alors été amical. Que des bras m'ayant saisi pour me faire mordre la poussière. Je n'avais jamais cherché d'autre contact. Me levant pour me battre. Respirant pour me battre. Me battre. Encore. Encore. C'est tout ce que j'aspirais à faire. Comment avoir espéré d'autre traitements. Sa voix me sorti de mes pensées.

«Voilà, tu es sèche! Mais je vais devoir y aller, j'ai un cours qui m'attends... J'aimerai que tu viennes y assister. Je vais parler d'une chose qui pourrait t'intéresser. Ça te tente ? Allez vient ! En plus ça te permettra de te réchauffer un peu ! Allez vient c'est un ordre t'as pas le choix ahah!»



Il se tournait alors et se dirigeait vers la salle de classe. Ce rider qui avait mit Tokyo sous les flammes s'étaient rangé. Si son étreinte m'avait durant une seconde fait croire à une possibilité de renouveau, le fait d'être lâchée m'avait mit la réalité devant les yeux. Personne ne me sauvera. Je souris brièvement, et lorsqu'il se retournait pour voir si je le suivais, je le fixa un instant, et me retournai vers la sortie de ce bâtiment ou je n'avais définitivement pas ma place.

Traversant de nouveau les couloirs que j'avais emprunté pour me rendre à cette salle de cours, je me remémorais ce qui avait fait de moi cette rideuse détruite de l’intérieur. Je baissai les yeux vers ma main droite. La cigarette était éteinte alors qu'elle n'avait même pas atteint le filtre. Je me remémora l'étreinte que j'avais eu avec le rider. Je ris alors en imaginant un merveilleux trou dans son t-shirt. Eh merde.

Me retrouvant dehors, la pluie inonda une nouvelle fois mes vêtements et mes cheveux. Je fermai les yeux. Me souvenant que cette sensation était la même que lorsque le fang rider s’était joué de ma vie. J'aurai de loin préféré qu'il me tue plutôt qu'il massacre ce qui faisait parti de moi à ce moment là. Ma dignité, ma fierté, mon corps. ce corps n'était plus le mien depuis qu'il avait posé ses mains dessus. Combien de temps ce cauchemar hantera-t-il ma vie...

Non. Ce rider ne m'aidera pas. Comment le pouvait-il. Je ne pouvais pas me laisser espérer une aide de la part de quiconque. Je revenais alors sur mes pas, l'exact endroit ou je m'étais assise pour chausser mes trecks. Pourquoi l'avais-je fais au final ? Pour retrouver une figure que je connaissais, une figure qui aurait pu me sortir de la merde enflammée ou je m'étais moi-même plongée ? Non. Ni lui. Ni personne ne pourrait me sauver aujourd'hui.

Pourquoi m'as-tu laissé. Pourquoi t'es-tu défilé lorsque j'avais le plus besoin de toi. Pourquoi.
Je placais mes mains de part et d'autre de mon crane. Attendant une réponse. Me plongeant dans le noir. Me plongeant dans le silence qu'avait posé l'ombre sur ma vie. Répétant des «pourquoi», «Pourquoi»...Incendiant mon crane de questions restées sans réponses. Une boule se formait dans mon ventre. La haine. La haine s'activait. Contre moi. Une cage enfermait un bien trop gros oiseau, il fallait qu'il sorte. Qui me viendrait en aide. Personne. Personne.

Ride. Ride.


Il fallait que j'aille la chercher. J'ouvris les yeux.

Le mur devant moi ne fut pas dur à passer. Un wall ride de quelques secondes, j’atterris dans une cour vide. Je ne me posais pas plus de question que cela en voyant le bâtiments devant moi. Qui viendrait me chercher ? Des proviseurs, des Gmens ? Qu'ils viennent. Qu'ils la fasse enfin sortir. Je me dirigeai a toute allure vers le bâtiment où les fenêtres étaient ouvertes. Il est si simple de passer outre les mur de béton que les hommes construisent. Je m’arrêtai d'un coup. Posant mes mains sur le mur. Fermant les yeux. Est-ce que j'étais sure de ce que j'allais faire. Et surtout pourquoi le ferais-je? Il y avait de cela longtemps que mon intuition avait pris le pas sur ma raison et sur mes envies. J'ouvris une nouvelle fois le yeux. Laissant la triste lumière grise violer mes pupilles qui ne réclamaient que l'obscurité a laquelle je les avais habitué.

WallRide. Le cinquième étage n'était pas si loin. Laissant mon treck droit traîner devant le gauche, je fis hurler les lames contre le béton. Son insupportable à l'oreille humaine, une berceuse pour moi. Trop habituée aux hurlements que l'ombre me faisait pousser, aux bruits que font les choses lorsqu'elles se brisent. Un os. Une voix. Un espoir. Une larme sur le sol. Comment un grincement de lame pouvait m'être insupportable ?

J'arrivais à la fenêtre que je visais. Saisi le bloc métallique au dessus de la fenêtre où s'enroulait le volet automatique, et m'en servi pour entrer dans la pièce en balançant mes jambe à l’intérieur. Tous avaient du se demander ce qu'était ce bruit inaudible. Ils avaient la réponse devant leurs yeux. Je regardai le rider, la salle entière, et me dirigeai vers cette dernière en lâchant ironiquement à l'intention du rider :

« Désolée je suis en retard. Ma mère à pas voulu me déposer j'ai du venir à pied. »


Visant une place au fond de la classe, j’avançais. Je posai furtivement les yeux sur les élèves qui ne pouvaient me lâcher du regard. Risible. Logique. Je me stoppai alors vers la table d'un jeune blondinet, mit ma main dans sa trousse, sorti un stylo, et arracha une feuille de son calepin tout en reprenant ma marche.

Une fois assise je pu constater les regards ahuri vers moi, je ne trouvai rien de mieux à dire que :

«Mes cahiers ont pris l'eau Mr. » Suivi d'un clin d’œil.

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Yatano

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MessageSujet: Re: En Freud et contre tous... [Miya]   Ven 23 Nov - 2:20


Et malgré mon invitation, malgré la main tendu que je lui portais, je ne pu voir que la déception en son regard. Il existe des personnes, pour lesquels tu ne peux rien faire. Car même lorsque tu leurs donnes ta vie, cela n'est pas suffisant. Ce sont des personnages, qu'il ne faut pas confondre avec ceux, qui par contre, on besoin de découvrir en eux-même la force nécessaire pour réaliser de grandes choses. Pour ma part, ce temps était passé, dans le sens où mon cours reprenait, et que ma vie actuel valait plus à mes yeux que celle que j'avais à l'époque. Une cruelle constatation, qui me permet néanmoins de vivre convenablement dans ce monde. Plus de crainte, ni de doute. Tout est si parfait, que ma vie s'écoule en un long fleuve tranquille et calme. Une perfection que je ne pourrais briser pour rien au monde. Ou peut-être que si...

Mes pas m'éloignèrent de la jeune femme qui, comme je le pensais, s'en alla vers la sortie. Tant pis sans doute? Oui, certainement, mais je ne pouvais m'empêcher de croire qu'il y avait encore, dans une certaine nuance, quelque chose à faire pour l'aider un peu plus. Mais je devais choisir, entre moi et elle. Et ma vie a toujours été trop porté sur autrui pour qu'aujourd'hui, je ne puisse penser à moi. Ainsi je fini par dévaler les marches de l'amphi dans lequel m'attendait tout les étudiants. Au travers d'une vitre, j'eusse pu voir l'ombre de la belle s'éclipser vers les hauteurs. Puisse-t-elle trouver la paix. Puisse-t-elle la trouver bientôt...

J'arrivai au sommet de mon estrade, regardant avec insistance chaque visage qui me dévorait du regard, avide de connaissances nouvelles. Mon silence semblait dérangeant, presque, perturbateur pour plusieurs d'entre eux. D'autres au contraire, attendaient, les yeux fixés sur leurs ordinateurs portables, prêt à taper le moindre murmure qui s'échapperait de moi. D'une certaine manière, je regrettais de ne pas avoir pu l'aider plus, mais d'un autre, je me posai cette grande question, que beaucoup d'entre mes collègues se sont posés avant moi. « Est-ce l'aider, d'ainsi m'impliquer ? » Aucune réponse ne vint, et les murmures qui commençaient à gagner la salle me firent sortir de ma torpeur. Et alors que j'allais prononcer les premiers vers de ma tirade, un bruit sourd brisa le silence, plongeant la foule dans une folie monstrueuse, alors que le temps semblait s'arrêter pour moi.

Indéniablement, ils revenaient vers moi. Boomerang immortelle, me soumettant à ses bons caprices. Ainsi se pavana le paon, dévoilant ses ailes en une majestueuse indécence, courbant sa beauté en de désinvolte posture. Mais la beauté de l'oiseau, ne cachera jamais la laideur de son cri.

Je resta figé, regardant la jeune femme qui, sans aucun respect pour mon invitation, c'était laissé aller à un spectacle inutile. Un show, qui en plus de sa ronde dans les couloirs, attira le personnel de sécurité. Je les vis arriver, et les arrêta en les apostrophant. Il y avait des choses à ne pas faire, d'autres, à faire comprendre... Mes yeux se baissèrent, alors que mon torse se gonfla d'air. Un vague soupire, fit trembler la salle. Je relevai la tête, subissant l'incompréhension de ces gens qui voyaient en moi le seul être capable de supprimer cette erreur du système. Car comme une fausse note, elle avait brisé l'harmonie de ce lieu dédié au savoir et à la connaissance. Un irrespect que je pouvais lui reprocher, mais dont elle se foutrait royalement sans doute. Très bien...


« Qui ici, connaît le mythe d'Icare ? » Je parie, que vous le connaissez tous dans les grandes lignes. Un jeune homme, prisonnier avec son père au sein d'un dédale construit par ce dernier, inventent ensemble des ailes faites de cires et les utilisent pour s'envoler loin de ce labyrinthe. Mais avant de partir, le père d'Icare le prévient de ne pas trop s'approcher du soleil, car sinon, il mourrait. Vous connaissez la suite. Icare monte, les ailes fondent, et ne sachant nager, il meurt noyé. Ce mythe, est une histoire connu dans un certain monde. Ce monde, vous le connaissez tous plus ou moins, on l'appelle, le Nightmare. C'est ce monde underground où les stormriders jouent avec la gravité et leurs vies dans une quête qui leurs est propre. Certains, la puissance, d'autres, l'envie de toucher le ciel, mais aussi, l'envie de détruire tout ce qui s'opposent à eux. Vous connaissez tous ce qui s'est passé y'a trois ans et comment ça a fini. Ce que vous ne savez pas, par contre, c'est qu'il existe des personnes ici, excepté la demoiselle en haut, qui font parti de ce monde. Alors j'aimerai vous compter une histoire, qui se rapproche du mythe d'Icare, et qui vous fera mieux comprendre tout l'attrait de cette histoire... »

Un long silence s'inséra au sein de mes élèves, tous me regardaient avec intention, comme si j'étais à deux doigts de leurs révéler la prophétie qui changerai leurs vies à tout jamais...

« Icare était le fils d'un ingénieur plein de génie. Son nom, Dédale, fut donner à sa dernière œuvre, le fameux labyrinthe devant servir à emprisonner le Minotaure, rejeton de l'accouplement d'un taureau et de la femme du roi de l'île dont j'ai perdu le nom. Jason viendra d'ailleurs, un peu plus tard, tuer le Minotaure et sortir du Dédale grâce au fil d'Arianne, une des vierges offertes au Minotaure chaque année pour lui servir de dîner au cours d'une cérémonie. Mais revenons sur Dédale et Icare. Père et fils travaillent ensemble dans un même projet, et se voit contraint à inventer une chose contre nature. L'un connaît les risques, l'autre n'en a cure. Dans le mythe, il est dit que c'est le soleil qui fit fondre la cire. En réalité, il faut se poser sur un aspect beaucoup plus métaphorique. À l'époque de la Grèce Antique, chaque être avait son domaine. Les Dieux avaient le ciel, les animaux, les hommes et autres créatures mythologiques avaient la terre, et les défunts avaient le royaume des morts sous terre. Ainsi chaque être avait son domaine et nul ne pouvait passer d'un monde à un autre sans qu'il y est un changement significatif en lui-même. Les Dieux prenaient apparence mortel, les hommes sont des esprits dans l'Au-delà etc. Mais ce qui est important dans la mentalité de l'époque, c'était qu'un mortel, ne pouvait en aucun cas, défier les Dieux ou tenter d'être leurs égales. On repense aisément au mythe des Androgynes, des Titans, de Prométhée, d'Antigone, d'Ulysse et bien d'autres, qui ont un jour tenté de se rebeller contre les règles qu'imposaient les Dieux. Il en était de même pour Icare, qui brava la règle de la hiérarchie des mondes et qui tenta de s’élever au même niveau que les Dieux. Mais ses ailes, n'étaient pas assez robuste pour supporter le courroux des divinités. Et Apollon fit fondre ses ailes, le réduisant au néant. Ce mythe nous rappel une notion très présente encore aujourd'hui. La peur. Mais la peur disparaît aussitôt lorsque nous avons à nos cotés, quelqu'un de puissant qui se bat avec nous. Comme Ulysse, qui dans son odyssée fut aider d'Athéna. Mais sans ça, il est dur de faire face aux choses. Et le problème, c'est qu'on raconte souvent ce mythe, en disant que la morale est, qu'en montant trop haut on risque forcément la chute. En réalité, ce mythe, nous apprend qu'on peut arriver à monter en haut, mais qu'une fois là-bas, il faudra faire face à des êtres nettement plus puissant que nous. Dans le Nightmare, on appelle ça des Rois. Dans notre monde, on appelle ça des politiques. Tout ça pour dire, qu'au final, tous ici, vous pouvez réaliser vos rêves. Mais qu'il y a un lourd prix à payer. Car rien n'arrive pas sans rien, et ce n'est pas parce qu'on arrive au sommet, qu'on est forcément à l’abri. Le ciel nous le prouve encore ce soir, on est jamais à l'abri d'une averse. Le tout est de trouver la force de faire face aux rayons du soleil, et que la cire, qui nous faisait voler, ne soit plus qu'un accessoire bling-bling à notre volonté, qui est, et je peux vous le promettre, l'unique aile dont vous aurez jamais besoin pour vivre.»

Silence. Silence de mort qui danse au milieu d'une salle immense. Funeste tension qui laisse sans voix l'auditoire qui ne sait quoi dire. Soudain une voix s'élève dans l'assemblée. Je tend l'oreille. Ce n'est pas une question, mais une accusation. Propagande. Détournement du cours à cause d'une soi-disant élève usant illégalement de l'Air Treck. Les plaintes s'envolent. Je regarde Miyako. Puis je regarde l'ensemble de la salle d'où s'élève les complaintes. Je fais taire le bruit, le réduisant au silence.

« Le problème actuel, c'est que l'humanité n'est plus tourné vers le concret, mais bien vers la politique. On ne cherche plus à discuter avec les gens, on impose ses idées sans chercher à entendre l'autre. Si je suis pro-rider comme vous dites, alors vous êtes anti-rider ? Non ? Vous dites ça parce que la jeune femme là-haut est là, et que vous avez vu les lames entourant ses Air Treck ? C'est le propre de l'homme. Accuser pour dénoncer, sans faire face à ses propres conflits. Je ne fais pas parti d'un quelconque parti politique mademoiselle, pour quelques raisons simples. Je n'aime pas parler pour ne rien dire. Je n'aime pas les idées arrêtés. Et par dessus tout, je fais avant tout partie de l'humanité, qui à mon sens, devrait être le premier parti politique mondiale. Car c'est cette connerie incommensurable, de la faute qui vient d'autrui, qui a fait que les riders ont été, comme les juifs et les noirs et indiens d’Amérique, persécutés et tués, parce que quelques personnes comme vous ont eu peur de faire face à la réalité. C'est que ce qui vous fait peur, fait également parti intégrante de vous. »

Applaudissement pour certains, silence pour d'autres. Ce cours n'aurait jamais du finir ainsi. Mais qu'importe, ce qui était fait, n'était plus changeable désormais. Et une voix accentua le brouhaha des applaudissement, mettant en avant certains cours qu'ils avaient tous eux avec d'autres professeurs appuyant mes mots. Un gain de conscience s'éleva dans la salle alors que le temps s'éclipsa sur mon portable, affichant la fin de ces curieuses festivités. Je laissais s'échapper mon auditoire sur une triste note qui brisa mon éternelle sourire. Sans un regard, je rangea mes affaires, découvrant ainsi le trou dans mon haut, bientôt caché par ma longue veste trois quarts en cuir blanc, une écharpe noir s'enroula autour de mon coup alors que mes mitaines de la même couleurs, vinrent réchauffer mes mains. Je partis alors, sans un regard à la jeune Miyako, alors que tous les étudiants étaient maintenant parti de la salle. Ce n'est qu'au milieu de l'allée que je m'arrêtais, subissant le courroux d'une pluie torrentiel alors que je sentis la présence de la jeune femme derrière moi. La fac se vidait peu à peu, et l'eau quant à elle, devenait de plus en plus gelé...

« Je t'invite dans mon monde et c'est comme ça que tu me remercies ? En foutant le bordel et en me mettant dans une position délicate ? À quoi tu crois jouer ? J'ai voulu t'aider, mais en réalité, tu te fous toi-même des bâtons dans les roues. Tu pourrais réussir à quelque chose dans les deux mondes qui sont tiens, mais tu es trop obsédé par la destruction de tout ce qui t'entoure, y comprit toi... »

Je me retourna alors, faisant face à la jeune femme. Mon regard enjoué devint froid, quasi...glaciale. La pluie torrentiel devint neige, le vent fit son entrée et le froid prit place de l'université. Curieux temps pour un mois de novembre...


« Rappel toi, qu'il y a un an, je vous ai donné à tous la chance de reprendre le chemin du ciel. Ne me manque pas de respect en crachant sur mon cadeau comme tu le fais pour le moment. Prend conscience de la chance que tu as, avant qu'il ne soit trop tard. Gabishi a tenté de te le faire comprendre. Et je te le redis encore ce soir. Ouvre les yeux...ou prépare toi à ce que tes ailes soient définitivement brisés. »
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Miyako Watanabe

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MessageSujet: Re: En Freud et contre tous... [Miya]   Lun 17 Déc - 1:20




Les regards étaient tournés vers moi. Vers mes lames que tous devinaient illégales. Dans leur yeux, je voyais se refléter le sang qui avait coulé grâce à elles. J'étais assise au fond de l'amphi, ayant une vue plongeante sur chaque étudiants présent ici. J'en reconnu certains, les seuls qui n'avaient pas l'air apeurés par ma présence, ceux-ci connaissaient la noirceur du Nightmare, et combien de vie elle avait prit. J'aplati mon dos contre le rebord de la chaise, me posant face a cette foule docilement assise et prête a boire et enregistrer chaque paroles qui allait sortir de la bouche du rider. Tous étudiaient la psychologie, et le rider était devenu prof, source de savoir de toutes ces têtes ne réclamant qu'un remplissage comme on gave une oie avant d'en faire un produit coûteux et recherché, ils allaient être réclamé pour leur capacité à être assis sur un beau fauteuil et hocher de la tête. Hallucinant devant tant de détermination à se voir inculquer un savoir illimité en s'armant d'un stylo que sous aucun prétexte ils ne lâcheraient.

Mon regard se posait alors sur le pilier de cette structure, celui que tous allaient écouter des que ses lèvres s’entrouvraient. Le rider était face aux étudiants, et me fixait. Aussi loin étions nous l'un de l'autre, je sentais la force que résidait dans ce corps, venir se nicher au creux de mes reins. Accroc au pouvoir, quant bien même il n'émanait pas de ma personne. J'éprouvai un besoin de trouver plus haut, et l'ombre crevait de le descendre et d'aspirer ses ténèbres. J'étais toutefois en terres amies, aussi sombre et froid son regard pouvait être sur moi. Sa colère venait m'entourer, posant sur moi une aura aussi froide que sa glace pouvait l'être. Il avait plongé l'amphi dans un silence gelé, il avait réduit plus de deux cent étudiants au silence. Une prouesse, à mon sens.

Je tenais son regard. Des cris et des ordres arrivèrent à nous, brisant le lien que nous venions de créer, nous regardions dans un même temps la porte de l'amphi d’où arrivèrent une dizaines d'hommes. Je ris à gorge déployée. Ce n'était pas de la provocation, mais si mes intentions avaient été mauvaises, j'aurai eu le temps d'en égorger une vingtaine avant leur arrivée. C'était donc cela, l'autorité. Leur regard montèrent vers moi, suivant ceux des étudiants qui en chœur s'étaient retourné pour me fixer. C'est vrai que je n'étais pas chez le rider, mais sur son lieu de travail. Les hommes commencèrent à avancer vers les escaliers, bonne joueuse, je m’apprêtai à me lever pour quitter les lieux, mais le rider stoppa tout mouvement d'un geste simple. Je savais quel regard il leur lançai, rassurant, convaincant, un regard qui m'avait troublé. Mais la femme que j'étais n'existait plus, il en était de même de sa faiblesse, morte au combat, ce regard ne m’arrêterait pas aujourd'hui. Les hommes sortirent.

Icare... Un mythe plus que connu dans le Nightmare, la seule différence est que ce n'est pas le soleil qui nous tue, mais les ténèbres qui ont raison de nos vies. Il enchaînait sur un bon quart d'heure de métaphore entre mythologie et trecks, duquel je décrochais vite, portant mon attention sur les gens plus près de moi. Certains avaient changé de place après que je me sois installé, d'autres étaient resté. Visiblement touchés par le discours du rider, ils buvaient ses paroles, et lorsqu'il commençai à parler explicitement d'Air Trecks, leur yeux firent des allés retour entre mes lames et le rider. Je savais son discours à l'avance, la métaphore avec le Nightmare était bien trop évidente, et j'avais trop conscience de la chute dans laquelle j'étais lancée, pour être touchée par l'histoire d'un homme s'étant planté alors qu'on l'avait mit en garde. Car personne n'avait pris la peine de me dire ce que je risquais après avoir chaussé mes trecks pour la première fois. Non, personne.

Une jeune fille hurlait alors des propos qu'elle avait certainement dû copié aux médias. Nous étions des monstres à mettre en cage, son prof était un «pro-rider». Une expression qui me fit rire. Rire autant qu'elle choquai le rider. Je prenais au fur et a mesure conscience de la position dans laquelle il se trouvait. Il était face à ses actes passés de rider, et à sa vie posée d'enseignant. Mais quant bien même j'avais, sur le coup, accepté son invitation, mes lames auraient fais exactement le même effet. Et peut-être était-il temps que ces deux mondes s'interposent et agissent comme une seule entité sur le haut rang. Il avait reconstruit un monde auquel il ne participait plus. Et un rider ayant transpiré l'air trecks comme celui-ci l'avait fait, ne peut pas ranger ses roues dans un placard a vie.

Le cours se terminait. Peu fière du désordre que j'avais mit dans ce cours, j'attendais que les étudiants sortent, histoire d'éviter les hurlements ou les crises de paranoïa si je m'approchais un peu trop d'un d'eux. Je regardais la masse s'estomper, et le rider ranger péniblement ses affaire sur son bureau. Lorsque tous furent descendu, je me levais, et descendais les marches à mon tour.






Il quitta la salle avant que j'ai fini de descendre les marches. Prévisible, j'avais foutu un bordel exécrable dans son cours. Je le suivais vers la sortie. Tous, étudiants, prof, hommes et femmes de ménages s'écartaient pour laisser passer l'enseignant suivit de la rideuse qui avait déstabilisé l'ordre de cet établissement. Un mouvement se déchaînait dans mon ventre, me sentant comme une condamnée à mort précédée par son bourreau, je savais le rider les yeux fixés au sol, contenant la colère que les chuchotements des gens face à ma présence, lui provoquait. Nous nous retrouvions dehors, la pluie n'avait pas calmé sa colère, déversant toujours ses larmes sur nous.

C'est alors qu'il se retournait. D'un coup je fis face à ce visage froid, maître de la glace. Mais je n'avais pas peur. Je n'avais plus peur. Il cracha ses mots au travers d'un calme admirable, j'encaissais. J'avais pleinement conscience de ce que j'avais fais, je savais ses mots justifiés.

« Je t'invite dans mon monde et c'est comme ça que tu me remercies ? En foutant le bordel et en me mettant dans une position délicate ? À quoi tu crois jouer ? J'ai voulu t'aider, mais en réalité, tu te fous toi-même des bâtons dans les roues. Tu pourrais réussir à quelque chose dans les deux mondes qui sont tiens, mais tu es trop obsédé par la destruction de tout ce qui t'entoure, y comprit toi... »


Je savais où se trouvait la limite entre réalité et connerie dans ce qu'il venait de dire. Il n'avait simplement pas réalise que je m'étais déjà battue, alors qu'il avait quitté le Nightmare. Et que chaque jour dans ma cage dont je noircissais chaque jour un peu plus les murs était tout autant un combat que j'avais mené. Mais que mes forces avaient lâché. Des années de lutte s'étaient écoulé, l'avait-il compris. Je me détruisais, on avait fragmenté mon esprit et ces deux parts s’entre-tuaient au quotidien. Perturbée par chaque pensée noire qui traversait mon esprit.

« Rappel toi, qu'il y a un an, je vous ai donné à tous la chance de reprendre le chemin du ciel. Ne me manque pas de respect en crachant sur mon cadeau comme tu le fais pour le moment. Prend conscience de la chance que tu as, avant qu'il ne soit trop tard. Gabishi a tenté de te le faire comprendre. Et je te le redis encore ce soir. Ouvre les yeux...ou prépare toi à ce que tes ailes soient définitivement brisés. »

Un bruit. Un éclat. La pluie. Un lieu saint, maudit.


Il ne pouvait pas avoir fait une chose pareille. Je portai mes mains sur mon front, couvrant dans le même mouvement mes yeux. Doux voile dont la violence réside dans le bien être qu'il apporte. Le noir. Les ténèbres. Noir. Noir, il fait noir. Je souris, mon ventre se tord. Sors ma belle, sors. Je retire alors mes mains, me laissant aveugler par le gris insupportable du ciel, il commençait à neiger. N'accordant aucune importance au fait que le rider utilisait sa road sans ses trecks, j’accélérais vers lui. La distance entre lui et moi n'était pas extraordinaire, deux mètres nous séparaient, distance que tous rider met entre un autre habitant du Nightmare. O. 50. 100. Une vitesse déchaînée et stoppée a un centimètre si inexistant et pourtant si salvateur. Je pose mon visage face au sien. Quatre rangs nous sépare. Je savais qu'il pouvait me tuer. Le souhaitant en secret, je me libéra pour la première fois depuis si longtemps. Je me laissais posséder. M'abandonnant à l'ombre. Burn baby...burn.

« Ton monde est si précieux... Brûle. »


Il n'avait pas conscience d'avoir fait éclater chaque murs que j'avais bâti entre moi et l'ombre. Réveillant son souvenir, le skin face. Le feu n'était pas le seul élément à être capable de brûler. La peur, le sang, les lames, elles aussi...brûlent. Je me retournai alors d'un coup, plongeant dans le bâtiment qui lui était si cher. Appelant sa colère au travers des hurlements qui se déversaient face à mon arrivée. J'entrai dans le couloir que j'avais foulé quelques heures plus tôt. Les affiches agrafées aux murs se déchirèrent sous ma lame que je fit hurler derrière moi. Une vitre enfermant des trophées arrivait sur ma route, pieds joins, un bruit de verre qui explose. Je m'envole, m'accroche à un néon. Mon poids le fait craquer, hurlements. Je ne me contrôlais plus. Assoiffée. Les hommes ayant tenté d'intervenir dans l'amphi se postèrent d'un bloc devant moi. Armoires à glaces tentant de me bloquer le passage. Je ne sentais que la peur qui transpiraient de chaque pores de peau. Attirée par cet aphrodisiaque. J’accélère. Un missile lancé sur sa cible. Ils ne bougeront pas.

* Black rain*


Comme un chien déterminé à ronger un os jusqu'à la moelle, des lames se projetèrent contre eux, entaillant leur corps. Des blessures superficielles, cela n'importait pas. Je pouvais passer. L'un d'eux se coucha. Parfait. J’accélérais, encore. Appelée par ses larmes qui doucement coulaient, je sautais alors par dessus son corps, frôlant sa peau de mes lames, je ramenais alors mon corps contre mes genoux, et laissa pendre mon bras, permettant à ma main de frôler son t shirt déjà imbibé de sang. Exaltant.

J’atterris, me dirigeant vers une salle bondée. La peur. La peur émane de ce lieu.

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Yatano

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MessageSujet: Re: En Freud et contre tous... [Miya]   Jeu 20 Déc - 19:45


Lorsque le temps et l'espace se fige sur un moment précis, milles et unes pensés traversent les âmes et les corps en inertie. Pourtant, à ce moment précis, je me rendais compte que la simplicité de cette journée était comme le ciel, déjà brisé par quelques larmes. Dans ces yeux, je pouvais voir l'impacte de mes mots, de ses intentions et de ce que je venais de déclencher. Une facilité de compréhension dû à mon propre passage dans cette vallée sombre, où seuls, désespoir et haine rythme tes pas. Pas de lumière à l'horizon, une impression de mort intense et le reste n'existe plus qu'au travers d'yeux gorgés de sang, dont l'avidité et la voracité est sans égal. Détruire comme on se détruit, et ne satisfaire l'appétit de cette bête qui ronge notre être au plus profond. Brisé par milles intentions, un seul idéaux. La Vengeance. Et le sang appelle au sang. Une fraction de seconde, c'est un million de fois le temps nécessaire pour ôter une vie. Ici, ce fut le temps qu'elle mit pour parcourir la distance qui nous séparait. Figé, comme la mort devant un mourant, elle plongea ses yeux dans les miens. Je voyais en elle ce que je fus en ce jour noir. Ses mots vinrent en écho aux souvenirs du passé. Ici, je n'étais qu'un professeur drôle et sympathique, offrant des cours intéressant et vivant. Un homme agréablement banale bien qu'apprécié. En ces lieux, le rider, le meurtrier, le voleur, le terroriste, où ne serait-ce que le haut rang n'existaient pas. Elle partit. Sifflant dans son parcours la symphonie funeste de la mort. Les cris et autres terreurs s'exclamèrent dans ce sanctuaire qui se devait être le mien.


« … »

Nul discours n'est nécessaire lorsque la mort est au rendez-vous. Défaut de style ? Particularité grammaticale ? Lorsqu'on doit se battre pour protéger ce qui nous est cher, il n'y a qu'un seul discours nécessaire. Mais cette fois-ci, j'allais la jouer différemment. Il n'était pas question que ce sanctuaire soit souillé par le sang de mes élèves ou de mes confrères. Et même si le combat n'était pas d'égale à égale, l'absence de mes trecks me donnerait, bien que le but n'y soit pas, une occasion de me montrer ce que je vaux avec les moyens du bord.

Je parcouru la distance qui me manquait avec les cris en quelques secondes. Bien qu'il ne soit pas autorisé aux motos de parcourir l'enceinte du campus, je me laissais aller à cette infraction. L'amphi B fût la cible du courroux de la jeune femme assoiffé de sang. Ainsi voulait-elle se venger sur mon monde, comme les autres ont pu détruire le sien. Qu'importait, rien n'avait vraiment plus d'importance, car quoi qu'il arrivait, ce soir, quelqu'un allait embrasser la mort. Mais pour l'heure, la seule embrassade que la belle et les étudiants pouvaient contempler, était celle de ma roue avant de moto avec les baies vitrés de l'amphithéâtre. Les morceaux de verres dansèrent avec moi dans cette chute acrobatique, où usant de la moto comme d'une arme, je pivotai sur moi-même. L'emmenant dans ma rotation, cette dernière finit en projectile vers la jeune femme qui dorénavant n'était plus accepté en ces lieux. Qu'importe ce qu'il arriverai à mon 125, la vie de mes étudiants méritaient bien quelques sacrifices.

J'atterris ainsi au bas de l'allée d'escalier, devant les étudiants qui cherchaient à s'échapper par les portes de secours fermés à clé. Tous me regardèrent, et purent voir s'afficher sur mon visage dégoulinant d'eau, un sourire des plus chaleureux. Dans la seconde où j'entendis du mouvement de l'autre coté, je me retourna et fit face à la jeune femme, dorénavant mon adversaire. Aussi j'écartai les bras, ouvrant les mains au ciel, alors qu'un murmure venant de dehors se transforma en plainte, pour s'extasier en un hurlement terrible. Les portes cédèrent, faisant tomber au sol la moitié des étudiants qui se plaquèrent au sol pour ne pas subir ce vent gelé qui maintenant s'engouffrer dans l'amphithéâtre. Ces slaves glaciales vinrent projeter la jeune femme contre le mur du fond de la salle, à trois mètres de hauteurs, le temps que les étudiants puissent partir de cette enfer pour se réfugier plus loin. Une fois qu'ils furent tous parti, le vent se calma soudainement. La jeune femme retomba sur le sol, mais rien n'était encore fini. Ce sol qui se voulait de marbre fut de verre. Un verre glacé qui recouvrait chaque parcelle de sol, de mur et de plafond, faisant de la salle de cours, un véritable cercueil de glace dont nul ne pouvait s'échapper. Sans treck, sans possibilité de s'échapper, je faisais maintenant face à une furie prête à découper chaque parcelle de mon âme par pur plaisir. Une ombre qui filait contre la glace vibrait à l'égale d'une voix d'enfant. Au creux de mon oreille, une voix tint ces mots, que je répéta en un murmure glaciale.


« Slice his throat with a rusty cleaver.... Est-ce donc ce que te dis ta road...Slicer rideuse ? »

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Miyako Watanabe

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MessageSujet: Re: En Freud et contre tous... [Miya]   Mar 25 Déc - 23:55

Music

Spoiler:
 


Aliénée. Possédée par la meurtrière qui sommeillait en moi depuis des années. Il en était assez d'utiliser mes lames pour détruire les visages figés accrochés sur ce qu'il restait de mes murs. Il en était assez de faire taire ce qui faisait dorénavant partie de moi. Il était temps que la bête sorte. Il était temps que je me libère et que nous nous retrouvions. Il y avait si longtemps, que tu n'avais pas possédé mon corps. Te rappelles tu cette nuit où nous avions œuvré ensemble, cette dernière nuit où dans cet aéroport tu étais parti... Nous ne faisions en ce jour plus qu'un, et il était temps que l'on marque autre chose qu'un pan de mur déjà tellement noirci. Noircir et détruire, trancher... Égorger.

J'arrivais dans l’amphithéâtre qui grouillait d'étudiants. Comme un vautour qui avait l'embarra du choix dans un trou à souris, je m'approchai de ce groupement pitoyable. Ils hurlèrent. Un prof était au premier rang, écartait ses bras sur quelques étudiants, faisant rempart de son corps. Il n'y a rien de mieux qu'une chaire aussi courageuse que celle d'un homme à responsabilité. Tendre.

«Vite montez! Les sorties de secours!»

Mes yeux se portèrent sur les portes trônant sur la rangée d'escaliers. Rire. Un sourire sanguinaire. Sa voix avait porté dans le lieu comme celle d'un marin hurlant à un enfant d'attraper la bouée qu'il venait de jeter en mer. Nagez, courrez, votre peur est exquise. Ils coururent, leur espoir était palpitant.

Pauvre fou. Pauvre mortel. Sale rat creusant sous terre pour survivre, tu ne connais pas la noirceur des ailes qui s'étendent sur toi... L'enseignant offrait sa vie à ses étudiants. Il accourut vers moi, il était peut être le seul à savoir ce qui allait advenir de sa vie. Me délectant de sa course désespérée vers ce qui allait le tuer, j’observai ce corps que j'allais démembrer. Fantasmant sur ses membres, sur le liquide qui vivait en lui et qui allait éjaculer sur mon corps lorsque mes crocs l'auront saisi. Je vis une alliance, doux suicide je me délectait de l’adultère que j'allais imposer à son corps. J’entendais le frottement de ses vêtements sur sa peau, les deux pans de son jean qui entraient en contact par un va-et-vient de ses jambes. Il courrait vers moi. 5 secondes. La détermination dans ses yeux accentuait mon plaisir. Sa peur humidifiait mes lèvres. Des gouttes de sueurs perlaient sur son front. Une croix enchaînée à son cou s'échappait du col de sa chemise. 3 secondes. Je levai le menton, fermai les yeux, humai son parfum qui arrivait désormais à moi. Un parfum fort, celui que n'importe quel homme sûr de lui et de sa situation porte. J'aspire cette odeur qui m'enchante, augmentant la jouissance qui naissait peu à peu en moi. Contact.

Mon visage retombe, les yeux possédés par l’artère qui pompe dans sa gorge. Mon regard s'interpose face à la détermination de cet homme voulant à tout prix sauver la vie de ses étudiants. Ma main enserre sa gorge. Appui. Séquestre son sang pour qu'il ne puisse plus désaltérer son cerveau.

«Viens dans mon monde, pers un peu l'esprit. Sais-tu ce que c'est que la folie...Mortel? Sais-tu qu'aucun dieu ne te sauvera?»


Son visage devint écarlate face à ma voix brisée. Sa bouche s'arrondit dans sa recherche d'air. Je cerne davantage. Place mon pied droit entre ses jambes. Ma cuisse appui son entre-jambe. Il commençait à partir. Non, il fallait qu'il vienne avec moi. Mettant mon plaisir en suspens alors que le plaisir ultime était si proche, je le fais alors chuter. Son corps touche terre. S'étale sur le satin du goudron. Il reprend son souffle dans un bruit exécrable, celui de la survie, de la vie. Dernier souffle avant que le liquide si attendu ne s'extirpe de son corps. Ses yeux se relève vers moi, exorbités. Il était temps de faire exploser la peur qui siège depuis quelques secondes dans son esprit. Il était temps de s'envoler vers ce plaisir qui rongeait mon bas ventre.


* Black Hawk *



Un hurlement résonnait alors dans l'amphithéâtre. Le mien. Stoppait les étudiants qui courraient pour leur survie. Stridence insupportable qui firent s'étendre des ailes ténébreuses autour de moi. Des mains furent portées aux oreilles. Des bouches se déformèrent pour joindre la peur à mon exaltation. Un hurlement libérateur. Un hurlement de jouissance. Un orgasme qui n'attendait pas pour animer mon treck droit et d'éventrer l'enseignant encore à terre. Le sang se rependit sur le sol. Une décharge enserre ma colonne vertébrale. Une vague de chaleur se repend dans mon corps entier. Engourdissement passager de mes jambes. Essoufflements.

La mort imminente de l'homme au sol posa un silence bouche bée aux étudiants. Mon rire satisfait résonne doucement dans la pièce, comme une comptine d'enfant s'élevant timidement dans une salle remplie d'adultes. Serpente contre les murs. Un seul geste, un seul mouvement de tête vers eux leur fit reprendre leur esprit. Déguerpir.

Un bon dans les airs. Le plafond était haut, la place assez étalée pour que mes ailes se déplient complètement.

* Black Rain *


Un balancement de ma jambe droite en direction des portes fit voler en éclats tous les espoirs de ces pantins animés par la peur et l'envie de vivre. Ils criaient. Priaient. Pleuraient face aux marques venant d’apparaître sur les portes et face aux poignées détruites. Je retrouvais le sol, m’avançant vers ce plateau si alléchant, où personne n'osait faire le moindre mouvement.

Je démarre alors mes trecks. Commençant cette ascension vers le repas qui grouillait face à moi. Certains, tétanises par la terreur que leur inspirait mon avancée, ne bougèrent plus. D'autres coururent vers les seules sorties restantes, les fenêtres. Comique spectacle de voir des souris accourir vers des trous posés trop hauts. Alors que je fixais les fenêtres, une chose m'interpella alors. Je descendais les marches que je venais de monter. Une forme, grandissante. Un sourire barra alors mon visage lorsque je compris.


«Que la fête commence...»



Un bruit de moteur résonnait de plus en plus fort. Il avait remplacé ses trecks par un deux roues, il était toujours le maître de l'improvisation. J’enfouis alors ma main dans ma poche, ressortant deux petits objets qui me devaient une fière chandelle quant à l’échec que j'avais essuyé face à l'entrain qu'ils m'avaient procuré. Il fallait boucler la boucle. Que je meurs ou non je devais finir ce que j'avais commencer. La différence était que le gibier que j'avais attrapé était beaucoup plus gros que le dernier. Posée près des tables, je jetai sur celles-ci les deux dés qui m'avaient offert le premier coup lors de mon dernier combat. Rider, que les vents qui te portent t'offrent un chiffre pair, auquel cas tu me frappera. Les dés roulaient, dansaient, représentant l'avenir de ce combat. Obnubilée par leur mouvements, j'attendais avec impatience le résultat de la sentence. La danse ralentit. Se fait de plus en plus hésitante. Un dés tombe, roule vers les fenêtres. Une explosion de verre fit entrer le rider dans l'amphithéâtre. Je reporte mon attention vers le dés encore sur le bois de la table, un 2. J'avance vers le dés tombé au sol, il devait me croire folle, ne devait pas comprendre ce que je faisais. Qu'importe. J'accours vers le dés, la moto descend vers moi. Je m’accroupis vers le cube. 4.

Je me relève alors, et observe, souriante, la moto jeter ses roues sur moi. Le rider joue alors de ses hanches pour propulser la roue arrière sur mon corps. Il frappe mon ventre et mon épaule gauche, m’éjectant quelques mètres plus loin. L’arrière de mon crane frappa contre le rebord d'une table. Pas assez fort pour que le choc soit grave, mais assez pour me sonner quelques secondes. J'ouvris les yeux, et portai ma main vers l'endroit du choc. Je du gémir puisque le rider se retournait immédiatement et fit usage de sa road. Le vent hurlai dehors, comme un fantôme tentant d'entrer dans l'enceinte de la salle, je le sentais tournoyer autour du bâtiment, recherchant une brèche pour entrer et déverser sa colère là ou son maître l'appelait.

Mon attention se posa sur les portes, près desquelles les étudiants étaient toujours réfugiés. Les blizzards les tabassèrent jusqu'à ce qu'elles cèdent. S'écroulant sur les corps des jeunes qui continuaient d'hurler, le vent s’engouffrait alors entre les murs. Je fixai alors le rider, dont les yeux reflétaient la violence avec laquelle ce souffle allait me frapper.

Des mains qui saisissent mon corps comme s'il ne pesait rien. Des mains invisibles qui me hissent à quelques mètres de hauteurs. Me prennent à la gorge, curieux concept qu'un souffle géant me prive d’oxygène, j'étouffe. Inconsciente et pitoyable tentative de m'échapper, essayant de saisir ce qui me plaquait contre ce mur, je griffai ma propre peau, ne rentrant en contact avec rien. Prisonnière du vide. Sourire suffoquant. Ma gorge est découverte, mon menton est levé vers le ciel, un des quatre éléments est ligué contre moi. Le rider pouvait avec une grande aisance me trancher la gorge alors que je suis prisonnière de sa road. Il n'en fit rien. Par un effort qui me fit mal aux yeux, je parvint à voir les étudiants sortir. Et lorsque le dernier eut franchi le pas de la porte de sortie, je toucha terre. Violemment, mon corps heurtai le sol.

J’entendais alors le rider parler. Mes paumes étaient plaquées contre le sol, mon visage face contre terre. Les cheveux recouvrant mon sourire, mes yeux clos, mon rire s'échappant de mes lèvres. Trancher des gorges...Oui, c'est ce qu'elle me disait, c'est ce besoin-là que je ressentais. Je ne relevai pas le visage, profitant de ma voix relativement portante pour répondre. Les yeux clos.

« Oui... Si tu savais les visions qui me hantent... Tout ce sang, ces hurlements... »
Mes paupières closes n'imposaient pas un noir complet sur mes yeux, non. Non je ne voyais que des couleurs et des formes, son corps dont la peau de sa gorge avait lâché, tranchée par les lames. Coulait son sang, chutait sur le sol, se rependait comme de l'eau débordant d'une baignoire. Et comme une exilée boirait l'eau de la mer, mon corps s'en abreuvant, désaltérant l'ombre. Me désaltérant.

« Il faut que tu comprennes. »

Une parole dont je ne comprenais pas la provenance, mais peut importait, je me relevai. Ramenant mes pieds vers mes mains, je me servais de la prise que mon poids m'offrait pour m'élancer vers le rider. Une prise de vitesse qui m’extasiai. Je m'envolai vers lui, mais il fallait que je le touche, que je le blesse, que son sang coule. Je me stoppai d'un coup. Et mon corps, victime de la vitesse, se ramenait en avant dans un coup sec. Des crocs, non pas grands, mais éjectés avec la rapidité que l'avidité offre, pourchassèrent le rider, son sang, son corps. Il fallait que je le touche, que son sang coule. A flot.

Je n’attendais pas que mon coup porte, je fonçai immédiatement vers lui, exerçait une pression sur mes pieds et m'envolais. A hauteur de ses épaules, trecks en avant, les lames affamées , je me ruais vers lui. Je ne sais pas si mon plan marchait. Il devait selon tout bon sens s'attendre à une attaque de front. Je pris cependant seulement appui sur son épaule avec mon treck droit, tout se déroulait extrêmement vite, trop vite, je l’espérais, pour qu'il puisse réagir. Me servant de cet appui pour me retourner, mes trecks étaient dorénavant vers lui. Et dans un mouvement de la jambe droite, je relevai mon trecks. Mes lames, qui allaient aujourd'hui goûter le sang d'un haut rang. Un coup derrière la nuque qui devait porter. Le choc fusa. Est-ce lui que j'avais touché, je n'en savais rien, je devais me protéger avant tout. Je ne sais pas s'il s'était protégé avec quelque chose ou autre.

Ne prêtant pas attention au rider, je continuai ma ligne droite vers l'autre coté de l'amphithéâtre après m'être retournée une nouvelle fois. J’accélérai, utilisant la vitesse, mon atout premier. Je m’arrêtai alors soudainement, et me retournais tout aussi vite, lançant un croc sur lui, une lame qui devait le saisir à la gorge.

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MessageSujet: Re: En Freud et contre tous... [Miya]   Jeu 27 Déc - 23:11


Ses mots vinrent à moi. Echo d'un temps passé, souvenir déchu par la raison et un nouvel idéal. Je me laissa bercé par ses souvenirs, ne cherchant à me protéger de son attaque. Elle fonça sur moi, déchaînant sa fureur, m'offrant comme seul spectacle, la preuve que la haine pousse à réaliser l'impossible. Des crocs. Non pas de la même trempe que ceux de l'enfant-roi, mais les prémisses d'une futur prédatrice, jetant son dévolu sur mon corps qui resta de glace. Le choc se fit, les vêtements se découpèrent et la peau se sépara d'elle-même, maculant la glace de quelques gouttes de sang. Mais son action fut loin d'être terminé, car dans l'ombre de cet attaque, naquît une offensif frontale, usant d'une feinte pour me saisir en appuie pour au final attaquer ma nuque d'un coup malheureusement pour elle mal porté. Mais la cible fut toucher et mon corps parti en avant, poussant ma jambe droite à se poser un peu plus loin, me manquant de me manger la glace au passage. Mais à peine avais-je reprit l'équilibre que le cri strident d'un nouveau croc s'esclaffa jusqu'à moi. Néanmoins, le temps m'offrit un instant de répit. Un instant sous le couvert de l'adrénaline, me permettant de voir au travers de la glace le reflet d'une personne qui m'était étrangère. De longs cheveux bleus, un haut sans manche, avec un pantalon cisaillé de toute part. Une vision nouvelle d'un passé révolu. Le souvenir d'un monde qui s'était tût. L'histoire d'un jeune garçon, qui en dansant avec la mort, devint un homme.

Impacte. Une entaille plus ou moins profonde, déchirant en long la totalité de la peau présente. Mais à l'instar des désirs sanguinaires de la jeune femme, les tourments qu'elle m'offrit n'eut pour finalité que de dessiné une marque rouge le long de la paume de ma main. Le sang s'en écoula. Je portai à ma vu la vision de ma paume, regardant ce liquide pour lequel je n'avais jamais eu la moindre attirance. Le sang... C'est à ce moment précis que je sentis une vibration dans mon corps. Une sensation étrange qui me prit de cours et fit trembler ma main, éjectant quelques millilitres de sang en plus sur la glace. Etait-ce de la peur ? De l'anxiété peut-être... Mes yeux se portèrent sur la jeune femme qui semblait prendre grand plaisir à voir le résultat de ses attaques. Je venais de me laisser faire de la manière la plus pitoyable qu'il soit. Pourquoi ?

Un bruit métallique se fit entendre derrière moi, un grincement quasi inaudible mais dont la symphonies ne me laissèrent pas de marbre. J'attendais. Je regardais, je toisai, puis je souriais, riant de la situation comme d'une mauvaise blague. Un homme va chez le toubib, dit qu’il est déprimé, la vie lui parait dure et cruelle. Il dit qu’il se sent tout seul dans un monde menaçant. Le toubib dit : « le remède est simple, le grand clown Paillasse est en ville. Allez le voir, ça vous remontera. » L’homme éclate en sanglots : « mais docteur, qu’il dit, je suis Paillasse. » Bonne blague, tout le monde rigole, roulements de tambour, rideau.

La moto glisse le long de l'allée de verre glacé, j'ai toujours les yeux rivés sur ma main. Elle prend en vitesse, éclatant quelques bancs au passage. Rien à faire, j'attends. La vitesse devient conséquente, elle est prête à me faucher. Je fixe la jeune femme. La moto s'apprête à me saisir. Je me retourne, mes mains saisissent le vide qui nous séparent, le condensent, le met sous pression, créant une barrière qui fait s'élever l'étalon dans les airs, vrillant sous la puissance de cette déviation soudaine. Elle passe au dessus de moi, Mon corps se tend, et s'envole dans les airs, épousant la vrille de la mécanique, dansant avec elle le temps d'un tango, avant de la saisir et l'épouser calmement, chevauchant ma nouvelle liberté à bras le corps, atterrissant sur la route de glace comme n'importe quel biker se doit de le faire. La roue arrière collé au sol, et l'avant en l'air, prêt à l'assaut.

J'arrivai à l'estrade, prêt à m'écraser lorsqu'un de mes vieux tricks me vint en mémoire. Angel Way, la voie des anges, qui élève nos corps jusqu'au firmament. Cette voie fait d'air pressurisé devint mon tremplin vers le ciel, je volai dans le néant glaciale, et atterrit en dérapage, un pied sur le sol, derrière la jeune femme, la toisant d'un nouveau sourire remplit de cette énervante jouissance de la vie qui m'avait fait faux-bons tout ce temps.


« Blablabla, pauvre ado mal dans sa peau ! »

Je tourna la clé d'un cran en plus et la selle s'éleva dans un claquement. Me défaisant de ma monture, je souleva la selle pour dénicher l'antivol de cette beauté. Une chaîne d'un mètre de long finissant par un cadenas de cinq kilos en acier. La laissant tomber de ma main, je referma la selle, reprenant possession de ma bécane, toisant du regard la jeune femme perdu dans les méandres de son esprit.

« Tu veux que je te comprennes, mais tu sais, à une époque, j'ai eu le même problème que toi. J'ai pété une durit, le grand Yatano en mode sanguinaire désirant la mort de tout le monde. Tu te souviens de cet été, où durant une après-midi de canicule, il y eut une tempête de neige qui faillit ravager la totalité de la ville ? C'est Nero, mon frère, qui a l'époque m'a calmé et me foutant son poing dans la gueule au cours d'un combat entre lui et moi. Et comble du ridicule, me voilà à gérer ce qui a bien faillit me tuer à l'époque avec toi. Tu hais Gabishi pour ce qu'il t'a fait et tu crois qu'en me butant ou en inventant une personnalité sanguinaire tu reprendras ta liberté ? Sache qu'à l'heure actuel, tu vaux pas un clou, j'ai combattu le plus grand et le plus schizo des riders de ce monde, et crois moi, tu es loin d'être à la hauteur. » Je fis rugir la moto avant de replonger mon regard dans celui de la jeune femme. « Tu m'as néanmoins agréablement surpris, réaliser un simili croc à ton rang c'est pas rien. Tu pourrais atteindre des sommets si tu ne restais pas dans cette logique auto-destructrice. Mais bon, comme les mots ne suffiront pas... Et qu'aux grands discours suivront les larmes et le sang, que t'as volonté soit faite. Le royaume des morts t'attend toi que je ne connais pas. »

Le moteur rugit et la roue tourne dans le vide, bientôt mené par la force de mes bras et mon pied d’appuis vers une rotation. De plus en plus vite, la moto tournait, dessinant un cercle dans j'étais le centre. Un cercle qui se brisa lorsque je lâchai la moto vers la jeune femme, m'élançant aussitôt à l'assaut de la monture, prenant appuie sur cette dernière, m'éjectant vers le plafond de l’amphithéâtre où l'eau ruisselante et la température glaciale offrait quelques merveilles. Un début de stalactite, assez pour qu'une fois le choc avec la chaîne faite, un cratère se forme sur la surface, brisant la glace sur la totalité du plafond, offrant à la salle entière, la sentence de lame de glace coupante comme des rasoirs. Mais sans m'arrêter là, je tomba avec ses dernières, les entraînant dans ma danse, celle dont le nom fut emprunté à un grand homme. The Burton's Dance. Une danse de courant d'air faisant bouger les morceaux de glaces en diverses directions, déchaînant le vent pour que nul chose ne puisse échapper à cette douce douleur. Et lorsqu'enfin je touchais le sol, la glace tomba sur le sol, entaillant toute chose sur son passage.

« Il n'existe pas de pire brûlure que celle du froid... »

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MessageSujet: Re: En Freud et contre tous... [Miya]   Ven 1 Fév - 23:06



Il ne réagissait pas a mes coups. Restant statique, il avait subit mes attaques comme un enfant est résigné à se faire éclabousser par ses amis lors d'une baignade en mer. Subissant. Encaissant. Ma dernière attaque n'eut pour effet que de ne le faire tanguer vers l'avant, nonchalamment il s'était rattrapé. La haine défonçait mes poumons qui n'arrivaient plus à suivre les entrées d'air. J'agonisais, étouffais à l’intérieur. Comme si j'avais été enfermée et qu'on essayait d'écraser mon corps pour qu'en sorte toute forme de raison qu'il contenait. Je restais là, debout. Mon dos n'était plus droit, mes épaules étaient voûtées, penchant vers le sol, mes cheveux étaient bien ternes au coin de mes yeux, ils tombaient. Cachant la major partie de mon visage. Il ne pouvait pas voir mes yeux abattu sur le sol, il ne pouvait pas voir ce regard qui se vidait. J'avais cherché et déclenché le conflit, je devais donc me battre. Me battre jusqu'à ce qu'il y arrive. Qu'il la tue.

L'avait-il compris ? Je n'en savais rien, pour la première fois dans ses yeux je ne voyais pas la compréhension dont il était tant capable. Rares ont été les fois ou je l'avais vu, oui, mais ce rider dégageait une aura qui nous faisait tout de suite comprendre qu'il n'était pas qu'un simple rang A avec le passé qui en découle. Non. Je n'étais pas allée le voir pour rien. Je souris alors. Un sourire que je sentais déformé par ce qui me rongeait depuis maintenant trop d'années, un murmure, inaudible. «Il va te tuer. ». Une satisfaction. Celle que l'on ressens lorsqu'on tire une bouffée sur un joint, l'aliénation, partir. Aujourd'hui ce qui faisait que j'étais moi était la souffrance que cette saloperie avait insulfé en moi, il était temps que le changement s’opère.

Un bruit strident résonne alors, éclate dans mon cerveau, je devine alors que le bruit hurle depuis déjà quelques secondes. Des secondes perdues. Des secondes de faiblesse. Je relève alors les yeux et vois la moto du rider voler vers lui, pendant qu'il accompli une chose incroyable que je ne tentais même pas de comprendre.

« Blablabla, pauvre ado mal dans sa peau ! »


Je n’essaie pas de répondre malgré la colère qu'une telle dérision créé en moi, je regarde la moto l'éviter et voler au dessus de lui, la beauté du haut rang parade devant moi, il saisi sa monture, la monte, et par un trick dont je n'avais pas connaissance, il rebondi dans le ciel et se pose derrière moi.

Il descend de sa moto, et alors que je m'attend à un coup, il ouvre sa moto et en sort une chaîne à laquelle est accrochée un cadenas d'une lourdeur effrayante. Je le regarde alors dans les yeux, regard d'une condamnée à mort vers son bourreau dont elle ne voit que les yeux. La chaîne se libère alors, le cadenas tombe et s'écrase au sol dans un bruit affreux. L'image d'être battue à mort par un rider aux tricks incroyables ne me faisait pas peur. Mais le voir, avec un tel objet m'effrayait. Pourquoi ? C'était une question à laquelle je ne répondrais peut-être jamais. La peur, depuis combien de temps ne l'avais-je plus ressenti ? Me dopant à la peur, a la haine et à l’adrénaline, j'avais oublié ce qu'était la crainte. Et c'est une chaîne qui m'effrayait. Je riais face à cette conclusion, j'avais peur d'une chaîne alors qu'il y avait des années que j'étais enchaînée. Peut-être aurais-je du avoir peur plus tôt. L’auto-dérision, elle aussi, je l'avais oublié.
Mais le rider ouvrit la bouche et parla, me sortant de mes conclusions stupides et retardataires.


« Tu veux que je te comprennes, mais tu sais, à une époque, j'ai eu le même problème que toi. J'ai pété une durite, le grand Yatano en mode sanguinaire désirant la mort de tout le monde. Tu te souviens de cet été, où durant une après-midi de canicule, il y eut une tempête de neige qui faillit ravager la totalité de la ville ? C'est Nero, mon frère, qui a l'époque m'a calmé et me foutant son poing dans la gueule au cours d'un combat entre lui et moi. Et comble du ridicule, me voilà à gérer ce qui a bien faillit me tuer à l'époque avec toi. Tu hais Gabishi pour ce qu'il t'a fait et tu crois qu'en me butant ou en inventant une personnalité sanguinaire tu reprendras ta liberté ? Sache qu'à l'heure actuel, tu vaux pas un clou, j'ai combattu le plus grand et le plus schizo des riders de ce monde, et crois moi, tu es loin d'être à la hauteur. Tu m'as néanmoins agréablement surpris, réaliser un simili croc à ton rang c'est pas rien. Tu pourrais atteindre des sommets si tu ne restais pas dans cette logique auto-destructrice. Mais bon, comme les mots ne suffiront pas... Et qu'aux grands discours suivront les larmes et le sang, que t'as volonté soit faite. Le royaume des morts t'attend toi que je ne connais pas. » 


Je n'eus pas le temps de réagir à son discours. Il fit hurler sa moto pour partir dans un chaos de bruit et de fumée. Il faisait tournoyer la moto, et alors que je me demandais ce qu'il fabriquait, il s’élança directement sur moi. La roue avant été à la hauteur de mon visage. Réflexe purement humain je brandit mes bras pour me protéger et me projette au sol. La douleur de mon dos et de ma hanche gauche brailla lors du choc contre le béton. Ses premiers coups m'avaient peut-être fais plus de mal que je le pensais. Un « Crac » dégueulasse retentissait jusqu'à mes oreille. Je parvins à ne pas faire cogner ma tête contre le sol. J'avais quelque chose de cassé. Commençant à me briser.

C'est en relevant les yeux vers le ciel que je vis quelque qui me fit hurler. Je me recroquevilla alors sur moi même. La moto en pleine chute, accompagnée de blocs de glace qui déferlaient sur moi. Un cris strident m'arracha la gorge. Pas pour effrayer, pas pour déstabiliser. Non j'avais peur, attendant le choc, celui qui m'écraserait. Il mettait ses paroles à exécution, « le royaume des mort » … Ouais.

Curieuses sont les choses auxquelles on pense lorsque l'ont sait que l'on va mourir. Beaucoup disent que l'on voit notre vie défiler devant nos yeux, ou bien que non dernières pensées vont vers les gens qui nous sont chers. Ma vie ne défilait pas vers mes yeux, et je n'avais personne à qui penser. Alors quoi ? Je pensais à si j'allais beaucoup souffrir ou si la moto allait briser quelque chose de fatal dans mon corps. Et que ferait-il de mon corps ? Est-ce qu'il allait me laisser là ? Me faire en mener par les services de nettoyage comme un nuisible que l'on aurait réussi a écraser.. ? Non, je n'avais personne à qui penser aujourd'hui. J'attendais alors la lourdeur de la moto saisir mon corps.

J'entendais cependant la machine atterrir non loin de moi. Je ne ressentais pas encore le moindre soulagement qu'un choc m'écrasa les pieds . Une douleur monstrueuse mais qui ne fit sortir aucun son de ma bouche. J'étais comme une rescapée qui restait coincée sous les gravas a la suite de l’effondrement de son immeuble. Il n'y avait que mes pieds qui étaient bloqués, mais mes pieds portaient mes trecks, mes ailes, ce qui me permettait de voler malgré la chute que cela entraînait. J'essayais de bouger, un bloc de glace glissait alors de mon pied gauche en le liberant, mais le droit restait coincé. Je me relève alors laborieusement, et regrettais de ne pas avoir été transpercée par un stalactite face à ce que j'avais sous les yeux.

Seigneur, non.
Un feu incendie immédiatement ma poitrine. Je pense même avoir senti mon cœur louper un battement. Le bras qui me soutenait trembla. Mais mes yeux gardaient mon buste droit pour que je ne lâche pas l'immondice auquel je faisais face. Je ne réagissais pas, incrédule.
Pitié.
Je n'étais pas encore tombé il y avait de cela dix minutes. Mais lorsque la fine cordelette qui te préserve de la chute se déchire et éclate en milliers de petits fils, tu tombes.
Mon trecks droit avait encaissé la chute d'un stalactite dont la pointe s'était logée entre la roue arrière et le patin. L'humidité de la glace entrain de fondre commençait à mouiller mon pied. La roue était totalement détachée, mes lames s'étaient brisée. Mon trecks était démantelé.

Le choc s'estompa, alors je réalisai. Des larmes coulèrent. Il était fini le temps ou c'était ta haine et ta colère qui faisaient couler mes larmes. Aujourd'hui c'était moi qui pleurais. J'avais été touchée, mes ailes venaient de se briser sous la glace. De nombreuses fois mon corps avait été roulé dans la poussière. De nombreuses fois je m'étais relevée. Gardant en tête le fait que je me savais capable de remonter la pente des coups et blessures, j'avais continué à me battre sans crainte. Seulement mon unique point faible venait d’être transpercé.

Tout s'était déroulé à une vitesse incroyable. J'avais été mise hors jeu. Je dirigea alors ma main vers mon trecks gauche, prête à le retirer. Grand symbole de l'abandon, la voix du rider qui était dos à moi resonnait alors.

« Il n'existe pas de pire brûlure que celle du froid... »


Je subis alors le choc de trop. Celui qui fais disjoncter n'importe quelle personne venant de perdre la seule chose lui ayant permis de garder la tête hors de l'eau. Il n'y a pas pire que la brûlure du froid selon toi... ? Je ne savais même pas s'il avait vu le résultat de son trick. Je pose alors mes mains de part et d'autre de mon corps, et me relève, tentant tant bien que mal de trouver un équilibre sur la roue avant. Je n'y arrivais pas.

Réfléchis.
Je regarde alors autour de moi, cherchant le prof éventré du regard. Il n'était pas loin, un mètre à tout casser. Son t-shirt n'était que des morceaux de tissus déchirés, je m'en empare et bande mes mains.
Je me met alors a genoux et glisse mon pied gauche jusqu'à mon ventre pendant que mon pied droit est posé sur le coté. Je n'avais pas énormément de chance d'y arriver avec le rang que j'avais.
Ride Miya. Ride.
J'actionne alors mon trecks, laissant le droit faire brailler les morceaux de ferrailles contre le béton. Le traînant comme un bras malade qu'on laisse pendre maladroitement. Je fonce vers le rider qui ne me fait toujours pas face. Je prend toute la vitesse que cette nouvelle position me permet. Le tissu chauffe rapidement, je le sens se détruire contre le sol, menaçant mes mains de grosses brûlures.

J'arrive vers le rider. Et alors que je me juge assez près, je balance mon poids vers l’arrière tout en ramenant mon pied droit vers ses jambes. Il devait tomber. Alors à ce moment la, ce sera à mon tour de m'élever et de lui mettre le reste de mes lames sous la gorge.

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Yatano

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MessageSujet: Re: En Freud et contre tous... [Miya]   Dim 17 Fév - 21:12


Mais il existe tant de tourment bien pire pour un oiseau. Qu'importe la grandeur de l'âme et son penchant dans la balance mystique. Il est un fait immuable. Nous tous, rider de ce monde et de l'autre, ne sommes que des corps dépendant de nos ailes. Ces morceaux de mécaniques ont éveillé leurs lots de merveilles mais aussi le plus grand des cauchemars. Est-il possible de vivre réellement hors de cette réalité ? Existe-t-il un échappatoire pour s'extirper de la folie qui nous tourmente depuis tout ce temps ? Et aussi étrange que cela puisse paraître, cette solution est aussi simple à trouver qu'il est aisé de saisir pourquoi nous vivons : la mort. Nous vivons car nous savons que nous allons mourir, de la même manière les oiseaux volent car ils savent qu'un jour tout ça sera fini. Oui, un jour, leurs ailes ne sauront plus les porter vers les pays chauds, loin des tempêtes glaciales qui glace le sang et pétrifie les corps. Mais ce soir, un oiseau voulu défier l'ordre des choses. Une tentative veine, couronné d'un échec on ne peut plus cuisant. Pouvait-elle comprendre que dans ce monde, j'étais sans aucun doute le pire ? Pouvait-elle effleurer cette dur réalité qui anime mon âme chaque fois que je prend mon envol ? Niflheim. Le royaume de la glace et de la mort. Le monde que fuit tous les oiseaux et dans lequel j'étais devenu un Dieu. Une monarchie sans couronne, ni cour, juste une étendue de terre et l'oiseau le plus impitoyable, naît du cauchemars lui-même. Toute sa vie ne fut qu'amas de cadavre et sang dégoulinant sur ses lèvres. Et cet oiseau sanguinaire, ce rapace au sang chaud voulu affronter un oiseau Dieu. Hraesvelgr, l'oiseau géant de glace, gardien du monde de Nifhleim, le royaume des morts, la face caché et l'essence même du Nightmare.

Mes oreilles entendirent le son caractéristique d'un amas de métal se disloquant. Une de ses ailes était tombé, gelé dans la glace, à jamais arraché. Doucement elle comprenait sans doute que la mort l'attendait si elle tentait de poursuivre ce combat. Mais blesse une bête sauvage et c'est l'énergie du désespoir qui l'anime. Ainsi je pus l'entendre se mouvoir inlassablement, cherchant à battre des ailes, toujours plus haut, cherchant le sang, la douleur et la peine. La pauvre. Je me souvenais des nos rencontre passés. La première fois, j'étais oiseau messager porteur de malheur, la seconde fois, un oiseau de glace s'échappant dans les rayons lunaires. Et maintenant ? Le glas d'une mort prochaine. L'oiseau magnifique qu'elle se devait de devenir se consumait toujours plus à chaque fois qu'elle embrassait la haine. Phénix majestueux, laissant s'écouler des larmes couleur goudron. La mort était inévitable. Et comme ces riders qui parsèment ma route, elle serait la dernière pierre qui l'ornerait. Je l'entendais s'animait d'un espoir vain, tentant mille prouesse pour me détruire. Je ne voulais pas voir la fatalité que prenait les événements. Un si beau phénix, vouait à voir ses flammes s'éteindre dans un souffle de glace, c'était juste..dommage.

Elle arriva à niveau lorsque la chaîne dans ma main fila jusqu'à sa jambe, s'enroulant autour. Ma serre était refermé sur ma proie lancée la tête la première dans son tombeau. La chaîne s'ondula entraînant à sa suite le corps de la jeune femme dont les griffes me frôlèrent. Un frisson me parcouru, et la pensée que mes ailes auraient pu être détruire ce jour vint en mon esprit comme un regret désavoué. Le phénix agrippé fini sa course sur le sol. En m'approchant, j'enroulais la chaîne autour de mon bras, resserrant mon emprise sur le corps gesticulant de l'oiseau de feu. La fin était proche, c'était l'énergie du désespoir qui l'animait. Ma volonté quant à elle n'était que frêle. J'agissais en mon devoir et brisa de mon poing enchaîné l'articulation de l'unique aile qui restait à l'oiseau céleste. La platine se brisa, les roues se voilèrent, et quelques étincelles vinrent animé une dernière fois ses plumes.

Laissant l'écho évanescent du glas s'échapper de l'amphithéâtre, je me relevais, retirant mon emprise sur le corps sans aile de la jeune Miyako. Mes cheveux dansaient devant mon visage, cachant l'émotion qui m'animait. Je n'osais regarder l'état dans lequel elle se trouvait. Je me contenta de reculer de quelques pas, levant ma main glacé vers les cieux. Le jugement divin était prononcé ce soir. La mort comme seule finalité. La chaîne s'abat, le coup éclate, la glace se pourfend et le silence prend place.


« Lorsque tu te relèveras, si un jour tu y arrives. Tâche de te relever en oiseau. »

Mon visage se retourna, entraînant des éclats cristallins venant de mes yeux. Des étoiles s'élevèrent pour disparaître dans la silence d'une nuit de mort. Mes larmes coulaient pour la dernière fois sur le champ de bataille. Hraesvelgr avait désormais prit le dessus. Quant à moi, je pris les ailes de la jeune Miyako, les échangeant avec ma paire de basket, laissant par la même occasion des feuilles de cours sur le sol autour de son corps. Enfourchant ma moto, je laissais derrière moi le corps que les autorités considéreraient comme pauvre innocente dans cette tuerie sanguinaire.

Un mal nécessaire pour que renaisse le Phénix de ses cendres...

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